KKR affiche un trimestre record porté par les actifs réels

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Le géant américain du capital-investissement KKR a publié jeudi des résultats en forte hausse pour le deuxième trimestre 2025, avec des commissions de gestion en progression de 25,5 % et un volume de cessions sans précédent dans l’histoire de la firme new-yorkaise, dont les actifs sous gestion atteignent désormais 796 milliards de dollars.

Des commissions de gestion en nette progression chez KKR

KKR, société d’investissement fondée à New York, a enregistré au deuxième trimestre 2025 ses meilleures performances historiques en matière de cessions d’actifs, portant l’ensemble de ses indicateurs financiers à des niveaux records. Les commissions perçues au titre de la gestion de fonds pour le compte de clients tiers — indépendantes des résultats des investissements — ont atteint 1,25 milliard de dollars sur la période, soit une hausse de 25,5 % en glissement annuel. Ce dynamisme des revenus récurrents a permis au résultat net ajusté global de s’établir à 1,63 dollar par action. Les co-directeurs généraux Joseph Bae et Scott Nuttall ont qualifié ce trimestre de meilleur de l’histoire du groupe en termes de liquidation d’investissements, tout en exprimant leur confiance dans le positionnement à long terme de la firme. Cette performance intervient dans un contexte où les grandes sociétés de gestion d’actifs alternatifs cherchent à diversifier leurs sources de revenus et à réduire leur dépendance aux cycles de marché, en développant des socles de commissions stables et prévisibles. KKR s’inscrit pleinement dans cette logique, avec une base d’actifs sous gestion portée à 796 milliards de dollars, répartis entre capital-investissement, crédit et actifs réels. Le crédit demeure la composante la plus importante de ce portefeuille, même si ce sont les actifs réels qui ont concentré l’essentiel des flux entrants au cours du trimestre.

Les actifs réels et les infrastructures tirent les flux entrants

Sur les 34 milliards de dollars de capitaux frais collectés au cours du deuxième trimestre, la majeure partie provient de la poche « actifs réels », qui regroupe les stratégies d’infrastructure du groupe. Cette catégorie d’actifs, longtemps perçue comme un segment défensif destiné aux investisseurs institutionnels à long terme, s’impose désormais comme un moteur de croissance à part entière pour les grandes plateformes d’investissement alternatives. L’accélération de la demande en énergie liée au déploiement massif de centres de données pour l’intelligence artificielle, ainsi que la transition énergétique en cours dans les économies occidentales, alimentent structurellement cette tendance. KKR a d’ailleurs formalisé en juin un accord portant sur le rachat des activités nord-américaines dans les énergies renouvelables du groupe français EDF, pour un montant de 4,2 milliards de dollars. Cette transaction illustre la stratégie du groupe, qui entend capter la croissance de la demande électrique générée par l’expansion des infrastructures numériques et l’électrification progressive de l’économie. Du côté du capital-investissement, segment historique qui a forgé la réputation de KKR dans les rachats d’entreprises à effet de levier, les flux entrants ont atteint 9,56 milliards de dollars sur le trimestre, dépassant légèrement ceux du crédit. Le portefeuille de capital-investissement traditionnel a affiché un rendement brut de 4 % sur la période, après une phase de contraction. Les stratégies de crédit à effet de levier et de crédit privé ont quant à elles enregistré des rendements respectifs de 2 % et 1 %, repassant en territoire positif après un trimestre précédent difficile.

Un rythme d’investissement et de cessions soutenu par KKR

Le résultat net réalisé, qui traduit les bénéfices effectivement dégagés lors de la cession d’actifs — et désigné sous le terme de « carried interest » dans la terminologie du secteur — a quasiment doublé d’une année sur l’autre pour atteindre 211,9 millions de dollars. Cette dynamique témoigne d’une capacité accrue du groupe à monétiser ses portefeuilles dans un environnement de marché redevenu plus favorable. Parmi les opérations finalisées au cours du trimestre figurent la cession définitive du fabricant japonais de semi-conducteurs Kokusai Electric, ainsi que la vente de la participation détenue dans OneStream, éditeur de logiciels de gestion financière. Ces deux transactions illustrent l’étendue géographique et sectorielle du portefeuille de KKR, actif aussi bien dans l’industrie technologique asiatique que dans les logiciels d’entreprise nord-américains. Sur le plan de l’activité d’investissement, KKR a déployé 24 milliards de dollars au cours du seul deuxième trimestre, portant le total des capitaux investis à 104 milliards de dollars sur les douze derniers mois. Ce niveau d’activité confirme l’appétit persistant du groupe pour les opportunités d’acquisition dans un contexte où certains de ses pairs restent plus prudents face aux incertitudes macroéconomiques. Pour les décideurs européens, la transaction EDF mérite une attention particulière : la cession par le groupe public français de ses actifs renouvelables nord-américains à un acteur financier américain de premier rang soulève des questions plus larges sur la valorisation stratégique des portefeuilles d’énergie verte et sur la capacité des opérateurs publics européens à conserver une empreinte industrielle dans les secteurs d’avenir. Elle s’inscrit dans une séquence où la pression budgétaire et les besoins de refinancement poussent certains acteurs souverains à céder des actifs à forte valeur de long terme à des fonds privés disposant de capacités de déploiement massives et d’horizons d’investissement décennaux.

KKR consolide son positionnement sur les actifs alternatifs mondiaux

Avec 796 milliards de dollars d’actifs sous gestion et un rythme de collecte qui ne faiblit pas, KKR s’affirme comme l’une des plateformes d’investissement alternatif les plus puissantes au monde, en concurrence directe avec Blackstone, Apollo ou Carlyle. La progression régulière de ses commissions de gestion, qui constituent un revenu stable indépendant des cycles de valorisation, reflète une stratégie délibérée visant à réduire la volatilité des résultats et à offrir une visibilité accrue aux actionnaires. Cette orientation vers des revenus récurrents, combinée à un positionnement affirmé sur les infrastructures énergétiques et numériques, place KKR dans une configuration favorable pour bénéficier des grandes transitions structurelles des prochaines décennies. Pour les investisseurs institutionnels européens — fonds de pension, compagnies d’assurance, fonds souverains — la question de l’exposition à ces plateformes américaines d’actifs alternatifs reste centrale, dans un contexte où les marchés privés captent une part croissante de la création de valeur économique mondiale, au détriment des marchés cotés traditionnels.

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