Worldline enregistre une perte historique de 5,2 milliards d’euros et tente de se relancer en 2026

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Le spécialiste français des paiements électroniques Worldline a publié des résultats annuels particulièrement dégradés, marqués par une perte nette proche de 5,2 milliards d’euros au titre de l’exercice écoulé. Une contre-performance massive, essentiellement liée à des dépréciations d’actifs enregistrées au premier semestre, dans un contexte de turbulences financières et opérationnelles.

Avec un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros, en recul de 2,7 % sur un an, le groupe poursuit sa phase d’ajustement après plusieurs années de croissance externe rapide et une dégradation progressive de la confiance des marchés.

Des dépréciations massives et une année sous tension

La perte nette annoncée reflète principalement des ajustements comptables liés à la valeur de certains actifs, conséquence directe du ralentissement de l’activité et de perspectives revues à la baisse. Ces dépréciations, concentrées sur le premier semestre, ont lourdement pesé sur les comptes.

Le directeur général, Pierre-Antoine Vacheron, a néanmoins voulu afficher un discours volontariste. « Les fondations d’une entreprise plus forte et plus ciblée sont désormais en place », a-t-il déclaré, évoquant une transformation stratégique engagée pour redresser la trajectoire du groupe.

Maillon clé de la chaîne des paiements en Europe, Worldline traverse une crise profonde marquée par des pannes techniques retentissantes, plusieurs révisions successives de ses objectifs financiers et un effondrement spectaculaire de sa valorisation boursière.

Un soutien renforcé des actionnaires

Pour restaurer sa solidité financière, l’entreprise peut compter sur un apport de liquidités significatif. Début janvier, ses actionnaires ont validé une augmentation de capital de 500 millions d’euros, dont la réalisation est prévue d’ici la fin du premier trimestre.

À l’issue de l’opération, la structure du capital devrait évoluer sensiblement :

  • Bpifrance détiendrait 9,6 % du capital,
  • Crédit Agricole SA environ 9,5 %,
  • BNP Paribas près de 7,9 %.

Ce renforcement d’acteurs bancaires et publics au capital vise à stabiliser la gouvernance et à soutenir la nouvelle feuille de route stratégique baptisée « North Star 2030 », présentée fin 2025.

Le groupe anticipe une croissance de son chiffre d’affaires comprise entre 1 % et 4 % en 2026, puis une progression moyenne d’environ 4 % par an sur la période 2027-2030.

Controverses et effondrement boursier de Worldline

L’exercice 2025 n’a pas seulement été marqué par des difficultés financières. Plusieurs enquêtes de presse, notamment de Mediapart et du quotidien belge Le Soir, ont mis en cause Worldline pour le traitement pendant plusieurs années de transactions jugées douteuses, voire frauduleuses, représentant des milliards d’euros.

L’entreprise a répondu en diligentant un audit interne, concluant à une gestion des risques « conforme aux référentiels ». Ces révélations ont néanmoins accentué la défiance des investisseurs.

Ancienne filiale du groupe Atos, Worldline a vu son cours de Bourse chuter de près de 80 % en un an. L’action évolue désormais autour de 1,50 euro, après avoir touché un plus bas historique à 1,275 euro à la mi-février.

Pour 2026, l’enjeu est clair : restaurer la crédibilité financière, sécuriser l’activité et convaincre les marchés que le redressement engagé peut se traduire par une trajectoire durablement profitable.

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