Une déclaration ministérielle conjointe, publiée le 18 février 2026, sonne l’alarme sur la situation au Soudan. Plusieurs ministres des Affaires étrangères européens et occidentaux dénoncent une intensification des attaques contre les civils, les infrastructures de santé et les opérations humanitaires, dans un contexte de combats persistants au Kordofan et au Darfour.
Des frappes ciblant civils et organisations humanitaires
Les signataires se disent « vivement préoccupés » par la multiplication d’attaques aériennes et de drones visant des populations déplacées, des installations médicales, des convois alimentaires et des entrepôts humanitaires. Les États du Kordofan et du Darfour, déjà au cœur d’une crise humanitaire majeure, seraient aujourd’hui le théâtre d’une escalade particulièrement meurtrière.
Selon la déclaration, des frappes récentes auraient touché des camions et des entrepôts du Programme alimentaire mondial, causant la mort de civils et de personnels humanitaires, et détruisant des stocks de vivres essentiels. Les signataires dénoncent des attaques « délibérées » contre le personnel, les véhicules et les fournitures humanitaires, estimant qu’elles contreviennent au droit international humanitaire et pourraient constituer des crimes de guerre.
Au-delà des destructions matérielles, ces frappes entravent l’acheminement de l’aide d’urgence et perturbent les routes d’approvisionnement, aggravant une situation déjà critique pour des millions de personnes.
Le Kordofan et le Darfour au cœur d’une crise mondiale
Les États du Kordofan et du Darfour sont décrits comme l’épicentre de « la plus grande situation de crise humanitaire et de protection des populations dans le monde ». Les violences sexuelles et sexistes y seraient généralisées, tandis que la famine est désormais attestée dans certaines zones et que l’insécurité alimentaire continue de s’étendre.
Près de 100 000 personnes auraient été déplacées ces derniers mois dans les seuls États du Kordofan. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a alerté sur le risque de répétition d’exactions commises par les Forces de soutien rapide et leurs milices alliées, notamment après les violences signalées à El-Fasher en octobre 2025.
La déclaration appelle explicitement les Forces de soutien rapide, les Forces armées soudanaises et les milices qui leur sont affiliées à cesser immédiatement les combats.
Une pression diplomatique collective
Les ministres condamnent « avec la plus grande fermeté » les violences contre les civils, en particulier les femmes et les enfants, ainsi que l’ensemble des violations du droit international humanitaire. Ils rappellent que ces exactions peuvent relever de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité et appellent à des enquêtes impartiales et à des poursuites contre les responsables.
Le texte insiste sur l’obligation, pour toutes les parties, de permettre un accès humanitaire « rapide, sûr et sans entrave » à la nourriture, aux médicaments et aux fournitures essentielles. Il souligne également la nécessité d’assurer un passage sûr aux civils fuyant les combats.
La déclaration a été signée par les ministres des Affaires étrangères de nombreux États européens – dont la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas ou la Suède – ainsi que par le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et d’autres partenaires. La Commissaire européenne chargée de l’égalité, de l’état de préparation et de la gestion des crises figure également parmi les signataires.
En toile de fond, cette initiative diplomatique collective vise à maintenir la pression internationale sur les acteurs du conflit soudanais et à rappeler que la protection des civils et du personnel humanitaire constitue une obligation juridique et politique incontournable. Pour les populations du Kordofan et du Darfour, l’enjeu est immédiat : la survie quotidienne dans un contexte de guerre prolongée et d’effondrement des infrastructures essentielles.
