Sesterce : plus de 10 milliards d’euros pour un campus d’IA en Finlande

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La société française d’infrastructures d’intelligence artificielle annonce un projet de 200 à 600 MW sur le site d’une ancienne papeterie de Jämsä. Calcul souverain, mais hors de France.

Jeudi 8 octobre, Youssef El Manssouri, CEO de Sesterce, a annoncé dans un communiqué un projet de campus d’IA de plus de 10 milliards d’euros à Jämsä, en Finlande, sur le site de l’ancienne papeterie de Kaipola. Sesterce se présente comme une entreprise française d’infrastructures d’IA, présente en France, aux États-Unis et à Singapour.

Le projet prévoit une première phase de 200 MW, une seconde de 600 MW, puis, à long terme, plus de 1 GW de capacité de calcul en Finlande, sur des sites industriels existants. Le communiqué indique que Sesterce dispose déjà d’un client ancrage, sans le nommer.

Kaipola : 200 MW, puis 600 MW, sur l’ancienne papeterie

Le site de Kaipola a abrité une usine de papier pendant plus de six décennies. Youssef El Manssouri y voit un point de départ symbolique : « For more than six decades, the Kaipola mill produced paper for the world. » (citation du communiqué, en anglais). Le CEO de Sesterce ajoute que la planification repose sur des opérations économes en énergie et flexibles.

Côté calendrier, le communiqué situe le début des travaux de la première phase à partir de 2026. Selon l’AFP, dépêche reprise par ID, l’Info Durable, la société indique que les travaux ont déjà commencé et que la mise en service de cette première tranche de 200 MW est prévue en 2027. L’objectif de dépasser 1 GW reste conditionné, toujours selon l’AFP, à « la demande réelle du marché ».

Le chantier mobiliserait environ 2 000 personnes pendant la construction, puis environ 300 une fois le campus opérationnel. Sesterce affirme privilégier les entrepreneurs et sous-traitants finlandais.

Elenia et son réseau haute tension : le raccordement de Jämsä

Le site industriel est déjà raccordé au réseau haute tension d’Elenia, gestionnaire du réseau de distribution d’électricité. Pour Jorma Myllymäki, CEO d’Elenia, un réseau électrique fiable et résilient est un levier clé de dynamisme et de croissance, et le site de Kaipola est adapté à la première phase du projet, indique le communiqué.

Du côté de la municipalité, Jori Reijula, maire de Jämsä, déclare : « Jämsä needs new investments, business activity and jobs. » Le communiqué précise toutefois qu’il conditionne le projet à sa concrétisation effective.

Un mégawatt consommé, un mégawatt renouvelable : l’engagement de Sesterce

Sesterce s’engage, pour chaque mégawatt consommé, à activer un mégawatt de capacité de production renouvelable supplémentaire sur le réseau finlandais, dans les dix ans suivant la mise en service. Seules les capacités nouvellement construites sont éligibles. La consommation électrique du campus serait flexible et pilotable, et la valorisation de la chaleur fatale est à l’étude.

Le refroidissement reposerait sur un système liquide en circuit fermé, complété par de l’eau de pluie récupérée et des eaux recyclées. Aucune eau potable ne serait utilisée à cette fin, précise le communiqué.

Sesterce promet aussi un fonds communautaire de 10 millions d’euros à la mise en service, dont les projets locaux seraient choisis par la ville de Jämsä avec ses habitants, ainsi que des espaces ouverts au public, séparés des installations sécurisées. Chaque engagement serait mesuré, audité par un tiers indépendant et publié chaque année.

Après les 13 milliards de Google, la Finlande attire les centres de données

L’annonce de Sesterce arrive dans un pays qui attire de plus en plus de centres de données. L’AFP rappelle que la Finlande séduit par son climat frais et une électricité relativement stable et bon marché, produite en grande partie sans combustibles fossiles. En septembre, Google y a annoncé 13 milliards d’euros d’investissements sur deux ans dans quatre municipalités, pour alimenter ses modèles d’IA, un projet qui a suscité des critiques.

L’AFP signale également que mardi, une autorité finlandaise a ordonné l’arrêt des travaux sur deux sites de centres de données, faute d’évaluations environnementales menées à leur terme. La dépêche ne précise pas si ces sites concernent Sesterce.

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