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Salomon relocalise sa fabrication de chaussures avec d’autres entreprises françaises

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Une usine de baskets revient en France après 50 ans d’externalisation de la production de baskets en Chine. Le mouvement a commencé il y a moins d’un an, avec 10 millions d’euros investis à la demande de Salomon, via une installation hyper moderne en Ardèche qui comprend de nombreux robots.

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Salomon fabrique à nouveau ses chaussures en France

Salomon participe à la création d’une usine robotisée 4.0 qui fabriquera très rapidement des chaussures à Ardoix (Ardèche). Cette nouvelle implantation s’inscrit dans le cadre d’une stratégie globale de relocalisation de l’entreprise savoyarde. Pour être rentable rapidement, Salomon a fait le choix d’un partenariat « gagnant-gagnant » avec plusieurs autres fabricants de chaussures (Chamatex, Babolat et Millet).

Cette unité de production dernière génération envisage produire 500.000 chaussures annuellement d’ici 2025, pas uniquement pour Salomon. Les entreprises citées vont elles aussi relocaliser une partie de leur production en France. La nouvelle usine d’Ardoix devrait entrer en service à la fin de l’année 2021.

Accord entre Salomon et Chamatex

« L’accord avec Chamatex a été conclu fin 2018 », explique Véronique Rémy, la directrice marketing de Salomon. L’enseigne spécialisée dans les produits de trail et d’alpinisme a noué ce partenariat avec le fabricant textile Chamatex (120 salariés ; 30 millions d’euros de chiffre d’affaires) au même titre que les marques de sport Babolat et Millet, qui produiront également sur le même site.

Dans cette opération, Salomon apporte du savoir-faire technique, mais aussi des financements. En contrepartie, Chamatex va 50% de la production de cette usine pour la marque de trail, qui se retrouve prioritaire par rapport aux autres marques : Babolat et Millet. Le fabricant textile a levé dix millions d’euros de financement pour édifier cette usine robotisée, dont 300.000 euros d’aides provenant de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

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Peu de salariés présents dans l’usine

Seulement une dizaine de salariés sont présents quotidiennement à Ardoix. La majeure partie du travail sera réalisée par des robots, qui produisent près de 450 paires de chaussures par jour. « On est obligés d’être peu nombreux pour être compétitifs vis-à-vis de ce qu’il se passe en Asie », explique Lucie André, directrice opérationnelle pour cette nouvelle usine de la marque Chamatex.

L’avenir de l’industrie française passe donc par la robotisation. Le coût du travail étant plus élevé en France par rapport à la Chine, la productivité d’un salarié français doit donc être optimisée comme c’est le cas dans cette usine dernière génération.

Relocalisation de Salomon sur fond de patriotisme économique

Cette relocalisation s’inscrit dans un mouvement plus vaste. En effet, la crise de la Covid-19 a mis en avant le fait que les entreprises étaient dépendantes de l’étranger. Soit de leurs propres usines. Soit de sous-traitants étrangers. La chaîne d’approvisionnement a été rompue dès la première vague de la pandémie. Les marques se sont rendues compte qu’elles ne maîtrisaient pas leurs stocks, en cas de grave crise comme celle qui s’est produite.

L’augmentation du coût du fret impacte les entreprises françaises

Parmi les entreprises françaises qui ont largement délocalisé leurs usines dans les années 1980, 1990 et 2000, la Chine a longtemps été la destination privilégiée. Aujourd’hui, le mouvement inverse commence à se développer en lien avec l’augmentation exponentielle du coût du fret maritime.

Entre Novembre 2019 et novembre 2021, les prix ont été multipliés par 5 pour un conteneur entier entre la Chine et la France. Cette augmentation des prix a eu lieu à l’échelle mondiale à cause d’un déséquilibre entre l’offre et la demande qui ne cesse de s’accroître. La relocalisation des usines en France permet justement aux entreprises d’économiser le coût du transport de marchandises.

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Augmentation du patriotisme économique avec la Covid-19

La Covid-19 a également fait ressortir un certain patriotisme économique, d’abord chez les consommateurs. Par ailleurs, les entreprises commencent à comprendre les enjeux de maîtriser l’ensemble de la chaîne de production. C’est le cas de secteurs sensibles, comme les semi-conducteurs, mais également dans des entreprises plus anodines comme Salomon.

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