Le groupe aéronautique et de défense Safran signe une année 2025 exceptionnelle, portée par le dynamisme du trafic aérien mondial et la montée en puissance de ses activités militaires. Avec un chiffre d’affaires record de plus de 31 milliards d’euros et une rentabilité en nette progression, l’équipementier français rehausse ses objectifs financiers à l’horizon 2028, malgré un contexte marqué par les droits de douane américains et une contribution fiscale exceptionnelle en France.
Une performance financière historique tirée par la propulsion et la défense
En 2025, Safran affiche un chiffre d’affaires ajusté de 31,3 milliards d’euros, en hausse de près de 15 % par rapport à 2024. Le résultat opérationnel courant atteint 5,2 milliards d’euros, soit une progression de plus de 26 %, pour une marge de 16,6 %, en amélioration de 150 points de base. Le cash-flow libre s’établit à 3,9 milliards d’euros, confirmant la solidité du modèle économique du groupe.
La division Propulsion demeure le principal moteur de cette croissance. Les livraisons du moteur LEAP atteignent un niveau record avec 1 802 unités livrées sur l’année, en hausse de 28 %. L’activité d’après-vente, stimulée par un trafic aérien mondial supérieur aux niveaux pré-Covid sur le long-courrier, progresse fortement. Les moteurs CFM56 continuent également de générer d’importants flux de maintenance et de pièces de rechange.
La branche Équipements & Défense bénéficie, elle aussi, d’une conjoncture favorable. Les systèmes de navigation, d’avionique et les équipements liés aux programmes de défense enregistrent une croissance soutenue, dans un contexte de hausse des budgets militaires et de nouvelles commandes export, notamment autour du Rafale. La division Aircraft Interiors, longtemps sous pression, renoue avec une rentabilité significative grâce à la reprise du trafic et à une meilleure efficacité opérationnelle.
Une génération de trésorerie solide et un retour accru aux actionnaires
Le cash-flow libre de 3,9 milliards d’euros permet au groupe de maintenir une position de trésorerie nette positive de 1,7 milliard d’euros en fin d’exercice. Cette capacité de génération de liquidités a financé à la fois des acquisitions stratégiques – notamment les activités de commandes de vol de Collins Aerospace – et un retour significatif aux actionnaires.
Safran proposera ainsi un dividende de 3,35 euros par action au titre de 2025, en hausse de 16 %. Parallèlement, le programme de rachat d’actions s’est poursuivi avec 5,3 millions de titres annulés en décembre 2025, contribuant à une relution du capital de plus de 2 % sur deux ans.
Sur le plan consolidé (IFRS), le résultat net part du groupe bondit à 7,18 milliards d’euros, contre une perte en 2024 liée à des effets financiers exceptionnels. Cette forte progression reflète notamment l’évolution favorable des instruments de couverture de change.
Des perspectives 2026 ambitieuses et des objectifs 2028 relevés
Pour 2026, Safran anticipe une nouvelle année de croissance avec une hausse du chiffre d’affaires comprise entre 12 % et 15 %, un résultat opérationnel courant attendu entre 6,1 et 6,2 milliards d’euros et un cash-flow libre compris entre 4,4 et 4,6 milliards d’euros.
À horizon 2028, le groupe relève sensiblement ses ambitions. Il vise désormais une croissance annuelle moyenne du chiffre d’affaires d’environ 10 % sur la période 2024-2028, contre 7 à 9 % précédemment. Le résultat opérationnel courant est attendu entre 7 et 7,5 milliards d’euros d’ici 2028, avec une marge particulièrement élevée pour la propulsion, comprise entre 22 % et 24 %.
La génération cumulée de cash-flow libre sur la période 2024-2028 devrait atteindre environ 21 milliards d’euros, soit un net relèvement par rapport aux objectifs antérieurs.
Malgré les droits de douane américains et l’impact d’une contribution fiscale exceptionnelle en France, Safran mise sur la vigueur durable de l’après-vente civile, la montée en cadence industrielle et la dynamique du secteur défense pour consolider sa position de champion européen de l’aéronautique et de la propulsion. Dans un contexte de recomposition stratégique mondiale, le groupe confirme ainsi son rôle central dans la souveraineté industrielle française et européenne.


