Le gouvernement a tranché : Lille deviendra le centre névralgique du futur établissement public unique regroupant les Instituts régionaux d’administration (IRA). Cette annonce, formulée le 24 novembre par David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, marque une étape déterminante dans la modernisation de la formation des cadres administratifs.
Un modèle des années 1970 profondément repensé
Lancée au printemps 2025, la réforme des IRA vise à transformer un dispositif conçu il y a plus d’un demi-siècle. Les cinq établissements actuels — Bastia, Lille, Lyon, Metz et Nantes — seront intégrés dans une structure unique placée sous la tutelle du Premier ministre. Le site de Nanterre, aujourd’hui rattaché à l’IRA de Lille, deviendra lui aussi un institut à part entière au moment de l’entrée en vigueur du nouveau dispositif.
Cette centralisation opérationnelle, tout en maintenant six implantations territoriales, doit permettre de renforcer la cohérence des formations, de mieux accompagner les parcours professionnels et de rationaliser le nombre d’opérateurs publics. Le gouvernement promet une montée en compétence généralisée des futurs attachés d’administration de l’État, ces agents qui structurent le fonctionnement quotidien des préfectures, rectorats, ministères et établissements scolaires.
Une ambition : moderniser l’encadrement de proximité
La création d’un établissement unique s’inscrit dans la continuité de la réforme de l’encadrement supérieur engagée avec l’Institut national du service public (INSP). Le gouvernement estime que les administrations font face à un double défi : un renouvellement massif des effectifs d’encadrement et une transformation accélérée des missions publiques sous l’effet du numérique, de l’IA et des attentes citoyennes.
Le nouvel opérateur deviendra ainsi la référence nationale pour la formation initiale et continue des attachés d’administration, avec un public cible de 39 000 cadres de proximité. L’objectif affiché est de bâtir une culture managériale renouvelée, plus exigeante, intégrant une maîtrise renforcée des outils numériques et des enjeux RH contemporains. Lille, déjà dotée d’un IRA reconnu, accueillera le siège du nouvel ensemble, symbole d’un ancrage territorial réaffirmé et d’une volonté de rapprocher la formation des réalités locales.
Une transformation progressive jusqu’en 2027
Un préfigurateur sera prochainement nommé afin de conduire la feuille de route stratégique. Son rôle sera de coordonner, sous l’égide de la DGAFP, une année 2026 consacrée à la structuration progressive de l’établissement unique, en associant directions, équipes pédagogiques et acteurs territoriaux. Le remplacement complet des IRA actuels est attendu au 1er janvier 2027, date à laquelle la nouvelle structure doit être pleinement opérationnelle.
En présentant cette réforme, David Amiel a insisté sur un impératif : doter les cadres de proximité de compétences adaptées aux mutations du service public. Selon lui, une formation modernisée permettra d’améliorer la gestion des équipes, d’accompagner les transformations numériques et de répondre davantage aux besoins des usagers.
