Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est entretenu le 3 mars avec le Premier ministre libanais Nawaf Salam, dans un contexte régional particulièrement tendu. Au cœur des échanges : la souveraineté du Liban, la stabilité du pays et la place du Hezbollah dans l’escalade militaire en cours au Moyen-Orient.
Un message clair sur la souveraineté libanaise
Lors de cet entretien, le chef de la diplomatie française a exprimé la solidarité de la France envers le Liban, confronté à une nouvelle phase d’instabilité après la décision du Hezbollah de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël. Paris qualifie cette initiative d’« irresponsable », estimant qu’elle expose le pays à de graves conséquences sécuritaires et politiques.
La France a marqué son soutien aux décisions adoptées par le Conseil des ministres libanais visant à mettre fin aux opérations militaires du Hezbollah. Pour Paris, ces décisions doivent être mises en œuvre « sans plus attendre » afin de préserver la souveraineté et la stabilité de l’État libanais.
En filigrane, le message est limpide : l’État doit détenir le monopole de la force armée sur son territoire. Une ligne constante de la diplomatie française, qui appelle régulièrement au respect des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies relatives au désarmement des milices et au renforcement de l’autorité des institutions libanaises.
Préserver les civils et l’intégrité territoriale
Jean-Noël Barrot a également insisté sur la nécessité de protéger les infrastructures et les populations civiles. Dans un contexte d’échanges de tirs et de risques d’embrasement régional, la France appelle à éviter toute escalade susceptible d’aggraver la situation humanitaire.
Paris souligne aussi l’importance du respect de l’intégrité territoriale du Liban. Alors que le sud du pays demeure une zone de fortes tensions, la diplomatie française cherche à éviter un scénario de guerre ouverte qui fragiliserait davantage un État déjà éprouvé par une crise économique profonde, une instabilité politique chronique et une défiance massive de la population envers ses dirigeants.
Une relation historique sous pression
La France entretient des liens historiques étroits avec le Liban, marqués par une coopération diplomatique, culturelle et militaire ancienne. Dans ce contexte, l’entretien entre Jean-Noël Barrot et Nawaf Salam s’inscrit dans une volonté de maintenir un canal politique actif et d’encourager Beyrouth à consolider ses institutions.
Mais l’équation reste délicate. Le Hezbollah, acteur politique majeur au Liban et force militaire structurée, conserve une influence déterminante dans l’équilibre interne du pays. Toute tentative de remise en cause de ses opérations militaires soulève des enjeux internes complexes, dans un système politique fondé sur un fragile compromis confessionnel.
En réaffirmant son soutien aux décisions du gouvernement libanais et en appelant à leur application rapide, la France cherche à soutenir un État affaibli sans pour autant rompre les équilibres internes. Reste à savoir si Beyrouth disposera des marges politiques et institutionnelles suffisantes pour traduire ces engagements en actes, dans un environnement régional de plus en plus inflammable.


