Le gouvernement ferme la porte à un Haut-Commissariat à la diversité et aux diasporas

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Lors d’une séance de questions au Gouvernement au Sénat, le 14 janvier 2026, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a écarté sans ambiguïté l’hypothèse de la création d’un Haut-Commissariat à la diversité et aux diasporas. Une prise de position nette, au nom d’une conception républicaine et universaliste de l’action publique, et d’un refus assumé de toute logique institutionnelle fondée sur l’assignation identitaire.

Une rumeur politique fermement démentie

Interpellé par un sénateur sur la base d’un article de presse évoquant ce projet, le ministre a d’abord tenu à rappeler que cette initiative n’existe pas. Ni à l’Élysée, ni à Matignon, ni au sein du Quai d’Orsay, une telle structure n’est envisagée. Le ton, volontairement direct, visait à couper court à ce que le gouvernement considère comme une construction médiatique sans fondement politique réel.

Pour Jean-Noël Barrot, la simple évocation d’un Haut-Commissariat dédié à la diversité et aux diasporas pose un problème de principe. Elle renverrait à une vision de l’action publique qui segmente la société en catégories distinctes, là où l’État se veut garant de l’égalité des citoyens sans distinction d’origine.

Une conception républicaine et universaliste réaffirmée

Le ministre a clairement inscrit son refus dans une ligne idéologique assumée : celle de l’universalisme républicain. Selon lui, l’action publique doit se tenir à distance de tout ce qui « sépare » ou « assigne ». Créer une institution spécifiquement dédiée aux diasporas reviendrait, dans cette logique, à institutionnaliser des différences que la République s’efforce précisément de dépasser.

Il a également jugé le projet incohérent dans sa formulation même, notamment lorsqu’il associe, dans une même entité, les Outre-mer et les diasporas. Une juxtaposition jugée artificielle, ne correspondant ni aux réalités administratives ni aux enjeux politiques portés par ces territoires et ces populations.

Une structure jugée inutile et contre-productive

Au-delà du principe, Jean-Noël Barrot a défendu une approche pragmatique. Les relations avec les diasporas existent déjà, a-t-il rappelé, notamment à travers l’action conjointe du ministère de l’Europe et des affaires étrangères et du ministère de l’Intérieur. Ces communautés constituent des interlocuteurs réguliers de l’État et jouent souvent un rôle informel d’ambassadeurs culturels et économiques auprès de leurs pays d’origine.

Dans ce contexte, la création d’un Haut-Commissariat apparaîtrait non seulement superflue, mais aussi contraire à l’objectif affiché par le Premier ministre de simplification administrative. Ajouter une nouvelle structure viendrait brouiller la lisibilité de l’action publique, là où l’exécutif revendique une organisation plus claire et plus efficace de l’État.

Par cette intervention, le gouvernement trace une ligne politique nette : pas de nouvelle institution dédiée à la diversité ou aux diasporas, mais une gestion intégrée de ces enjeux dans le cadre existant, fidèle à une certaine idée de la République et de l’unité de l’action publique.

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