Sur son compte Instagram, Frédéric Merlin, à la tête de la société des grands magasins qui possède plusieurs magasins des Galeries Lafayette ainsi que le BHV (emblématique grand magasin parisien), a annoncé son partenariat avec Shein, une photo de sa poignée de main avec Donald Tang (CEO de Shein) à l’appui.
Shein fait son entrée aux galeries Lafayette et au BHV
Ainsi, Shein va entrer pour la première fois dans des commerces physiques. Frédéric Merlin, toujours sur son compte Instagram s’est félicité de ce partenariat, évoquant notamment le fait qu’il s’agisse d’une première mondiale : « Après des mois de travail, nous y sommes : SHEIN a choisi de s’implanter d’abord chez nous, au BHV, puis aussi dans nos Galeries Lafayette affiliées opérées par le groupe SGM. Et c’est une exclusivité mondiale : SHEIN aurait pu choisir New York, Londres, Madrid ou Milan… mails ils ont choisi la France, parce que nous avons su les convaincre que c’est ici que leur nouveau modèle devait naître ».
Un partenariat perçu comme une trahison des valeurs françaises par la fédération nationale de l’habillement
La Fédération Nationale de l’Habillement (FNH) a réagi avec fermeté à l’annonce de l’ouverture prochaine d’un magasin permanent Shein au BHV à Paris, ainsi que dans cinq Galeries Lafayette en province. Cette décision, révélée par une interview de Donald Tang, président exécutif de Shein, au Figaro, marque un tournant controversé pour ces enseignes emblématiques du paysage commercial français.
Pour la FNH, ce choix illustre un manque d’imagination et de professionnalisme de la part du BHV et des Galeries Lafayette. Ces enseignes, historiquement associées au rayonnement et à la créativité de la mode française, s’associent désormais à un acteur majeur de l’ultra fast-fashion, un secteur souvent critiqué pour ses pratiques environnementales et sociales. Pierre Talamon, président de la FNH, dénonce un modèle qui « tire l’ensemble du marché vers le bas » et porte atteinte à l’image des grands magasins français. Selon lui, ces enseignes devraient plutôt jouer un rôle clé dans la promotion d’une mode responsable, diversifiée et innovante.
Le commerce indépendant comme alternative crédible
La FNH, qui représente 33 000 boutiques de mode indépendantes en France, rappelle que ces commerces disposent d’un savoir-faire reconnu en matière de sélection de collections, de merchandising et de relations clients. Ces compétences constituent, selon la fédération, une alternative durable et qualitative face aux géants de l’ultra fast-fashion. Elle appelle les acteurs du secteur à repenser leurs modèles économiques et à privilégier des collaborations avec des professionnels engagés dans une mode respectueuse des consommateurs et de l’environnement.
Un appel à la responsabilité des grands magasins
Face à cette décision, la FNH invite le BHV, les Galeries Lafayette et l’ensemble des acteurs du commerce à réévaluer leurs stratégies. L’enjeu est de soutenir une mode qui allie créativité, responsabilité et respect des valeurs portées par le secteur en France. La fédération souligne l’importance de préserver l’identité et l’excellence du commerce français, plutôt que de céder aux sirènes d’un modèle économique controversé.
Ce partenariat soulève des questions sur l’avenir de la mode en France et sur la capacité des grands magasins à concilier tradition et modernité, tout en répondant aux attentes croissantes des consommateurs en matière de durabilité. La réaction de la FNH reflète une inquiétude plus large au sein du secteur, où de nombreux acteurs défendent une vision plus éthique et durable de la mode.
