Lanceur X-Fire : Thales et Soframe réussissent les premiers tirs longue portée terrestre

Crédits photo : Thalès

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Le 20 mai 2026, Thales a réalisé avec succès les premiers tirs depuis le lanceur souverain X-Fire, développé en partenariat avec Soframe pour la frappe longue portée terrestre (FLP-t). Polyvalent, mobile et doté de systèmes de navigation résiliente, ce lanceur sur véhicule 8×8 constitue un maillon clé de la succession des lance-roquettes unitaires (LRU) de l’armée de Terre, en attendant la munition balistique souveraine FLP-t 150.

Lanceur X-Fire : premiers tirs réussis pour la frappe dans la profondeur

Les tirs du 20 mai 2026 ont mis en œuvre la roquette à induction X-Fum de 68 mm développée par Thales, déjà éprouvée sur des plateformes telles que l’hélicoptère de combat Tigre. Thales est le seul industriel à proposer cette roquette d’entraînement, permettant aux forces de s’approprier le lanceur dès à présent dans une phase de transition. Le X-Fire est développé avec Soframe, spécialiste des véhicules de défense. Son architecture polyvalente lui permet de tirer, pour la frappe dans la profondeur à 150 km et au-delà, une large gamme de munitions souveraines ou étrangères. Ces premiers tirs réussis interviennent quelques jours seulement après ceux de la munition balistique souveraine FLP-t 150, développée par ArianeGroup et Thales et testée le 5 mai 2026.

Lanceur X-Fire : polyvalence et navigation résiliente pour l’environnement contesté

Le lanceur X-Fire repose sur un véhicule 8×8 agile, mobile et compatible avec la flotte logistique de l’armée de Terre, garantissant une forte synergie opérationnelle. Il intègre des solutions de navigation résiliente signées Thales : le récepteur GNSS antibrouillage TopStar Smart Receiver et la centrale inertielle TopAxyz. Ces systèmes assurent la continuité de positionnement, de navigation et de gestion du temps, ainsi qu’une haute précision de pointage et de tir dans des environnements électromagnétiques contestés — une exigence devenue critique au regard des leçons du conflit ukrainien, où le brouillage GPS est massivement utilisé pour neutraliser les systèmes d’armes adverses. La polyvalence du X-Fire — capable d’opérer aussi bien des munitions souveraines qu’étrangères — constitue sa caractéristique différenciante par rapport aux lanceurs dédiés à un type de munition spécifique.

Lanceur X-Fire : une réponse à la succession des lance-roquettes unitaires

Le X-Fire s’inscrit dans la stratégie de succession des lance-roquettes unitaires (LRU) actuellement en service dans l’armée de Terre, dont la fin de vie approche. Cette succession répond à un double enjeu. D’une part, assurer une continuité capacitaire immédiate : en pouvant opérer des munitions étrangères de façon transitoire, le X-Fire évite toute rupture opérationnelle dans l’attente de la munition souveraine française. D’autre part, préparer l’avenir souverain : la FLP-t 150, disponible avant la fin de la décennie, constituera la munition balistique nationale de référence. Ce programme complète l’écosystème de frappe longue portée terrestre en cours de structuration, qui inclut également le missile Thundart de MBDA et Safran, dont le premier tir a été réalisé en avril 2026.

Lanceur X-Fire et la souveraineté française dans la frappe terrestre longue portée

La réussite des tirs du X-Fire s’inscrit dans un effort national structuré pour doter la France d’une capacité autonome de frappe dans la profondeur, face à un contexte géopolitique européen marqué par le retour des conflits de haute intensité. Julien Assoun, Vice-Président Véhicules et systèmes tactiques de Thales, a souligné que le groupe se prépare d’ores et déjà à la montée en cadence de la production du lanceur. Ce programme mobilise une chaîne industrielle souveraine — Thales pour les systèmes de guidage, navigation, électronique embarquée et commandement, ArianeGroup pour la propulsion de la munition balistique, Soframe pour le véhicule porteur — qui illustre la profondeur de la base industrielle et technologique de défense (BITD) française sur le segment de l’artillerie longue portée. À l’heure où plusieurs alliés européens cherchent à réduire leur dépendance aux munitions américaines, notamment au système HIMARS, la France se positionne ainsi comme l’un des rares pays européens capables de proposer une solution souveraine complète sur ce segment stratégique.

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