L’AGS a déjà mobilisé 1,7 milliard d’euros en 2025 pour protéger les salariés face à la hausse des défaillances d’entreprises

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Depuis janvier 2025, l’AGS a avancé 1,7 milliard d’euros pour indemniser les salariés d’entreprises en faillite, un record dans un contexte industriel tendu.

Une mobilisation inédite face à la recrudescence des faillites

Depuis le début de l’année, l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS) a déboursé près de 1,7 milliard d’euros pour indemniser les salariés d’entreprises en difficulté. Ce dispositif, essentiel au modèle social français, agit comme un véritable filet de sécurité dans une période marquée par la hausse continue des défaillances et la fragilisation du tissu productif.

Sur le troisième trimestre 2025, plus de 6 000 affaires ont été ouvertes, soit une progression de +5,7 % sur un an. Si le nombre de bénéficiaires diminue légèrement (82 550 contre 91 000 à la même période de 2024), le montant moyen des avances augmente, révélant des situations économiques plus complexes et souvent irrémédiables. <h3>Les TPE restent les plus touchées</h3>

Près de 85 % des interventions de l’AGS concernent des très petites entreprises. Ces structures, souvent fragiles financièrement, représentent la majorité du tissu économique français et subissent de plein fouet les retards de paiement, la hausse du coût du crédit et la baisse de la demande. L’AGS, pilier de la solidarité interentreprises, demeure leur dernier recours face à la cessation d’activité.

L’industrie devient le premier secteur soutenu par l’AGS

Le secteur industriel, déjà affaibli par la baisse de la consommation et la hausse des coûts énergétiques, connaît une dégradation marquée. Il devient cette année le premier bénéficiaire du dispositif de garantie, avec plus de 16 000 salariés aidés au troisième trimestre (+15 % sur un an).

En valeur, l’AGS a avancé 106 millions d’euros sur le trimestre et 336 millions depuis janvier. Ce mouvement illustre la vulnérabilité croissante de l’industrie française, confrontée à la concurrence internationale et à une réindustrialisation en net ralentissement. <h3>Une réindustrialisation en panne</h3>

Depuis 2024, la France a fermé davantage d’usines qu’elle n’en a ouvertes, inversant la dynamique amorcée en 2017. Les procédures collectives d’entreprises industrielles de plus de 50 salariés ont bondi de 75 % en deux ans. Cette tendance fragilise un pilier stratégique de la souveraineté économique et remet en cause les efforts publics engagés pour relocaliser la production.

Des disparités régionales et des signaux d’alerte persistants

Certaines régions concentrent désormais la progression des faillites d’entreprises :

  • Île-de-France : +8,2 % d’affaires ouvertes (22 % des bénéficiaires nationaux)
  • Hauts-de-France : +14,4 %
  • Auvergne-Rhône-Alpes : +13,6 %
  • Provence-Alpes-Côte d’Azur : +9,4 %

Cette diffusion des difficultés au-delà des bassins industriels historiques confirme une tension généralisée sur l’ensemble du territoire. Les procédures de redressement judiciaire gagnent du terrain et représentent désormais 38,5 % des affaires ouvertes, tandis que près de 60 % débouchent sur des liquidations directes.

Un baromètre social de l’économie réelle

Au-delà de sa mission d’indemnisation, l’AGS joue un rôle d’observatoire de la conjoncture économique. L’analyse de ses données offre une lecture précise des tensions à l’œuvre : ralentissement de la consommation, incertitude politique, pression financière et difficultés de trésorerie pour les PME et ETI.

L’année 2025 confirme une économie sous contrainte, où la protection des salariés devient un indicateur avancé des fragilités structurelles du pays. Face à un plateau haut de défaillances, l’AGS s’attend à maintenir un niveau d’intervention élevé dans les prochains mois.

Un modèle de solidarité à l’épreuve du temps

Créée en 1974, l’AGS repose sur une solidarité interentreprises unique : les contributions des employeurs financent la garantie des salaires en cas de procédure collective. En 2024, près de 250 000 salariés avaient bénéficié du dispositif pour un total de 2,1 milliards d’euros.

Avec 2025 déjà proche de ces niveaux, l’AGS illustre la résilience du modèle social français tout en révélant la fragilité persistante de l’économie réelle. Entre hausse des faillites, recul industriel et pressions financières, la garantie des salaires s’impose plus que jamais comme un indicateur clé de la crise économique et sociale que traverse la France.

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