Galileo : Thales Alenia Space et Airbus se partagent quatre nouveaux satellites de seconde génération

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L’Agence spatiale européenne (ESA) commande quatre satellites Galileo de seconde génération supplémentaires, deux à Thales Alenia Space, deux à Airbus Defence and Space. La flotte G2 passe de 12 à 16 satellites, livrables en 2031. Montant non communiqué.

Thales Alenia Space a annoncé mardi 27 octobre, depuis Rome, l’attribution de deux satellites supplémentaires pour la constellation Galileo de seconde génération (G2), dans le cadre d’un contrat en cours avec l’Agence spatiale européenne (ESA) agissant pour le compte de l’Agence de l’Union européenne pour le programme spatial (EUSPA) et de la Commission européenne, apprend-on dans un communiqué de la coentreprise détenue à 67 % par Thales et à 33 % par Leonardo.

Avec cette commande, le constructeur produira au total huit satellites pour le système européen de navigation, dont six déjà en cours de réalisation. Les deux nouveaux engins seront intégrés et testés à la Space Smart Factory de Rome.

Airbus signe à Ottobrunn, Thales Alenia Space à Rome

L’annonce ne concerne pas un seul industriel. Dans son propre communiqué publié le même jour, l’ESA précise qu’elle acquiert quatre satellites G2, répartis à parts égales entre Thales Alenia Space (Italie) et Airbus Defence and Space (Allemagne). Les deux groupes étaient déjà sous contrat depuis 2021 pour six satellites chacun.

Les signatures se sont échelonnées sur quatre jours : vendredi 23 octobre à Rome pour Thales Alenia Space, lundi 26 octobre à Ottobrunn, près de Munich, pour Airbus. La flotte de seconde génération compte désormais 16 satellites. Les quatre nouveaux doivent être livrés en 2031 et lancés dans la foulée, indique l’agence, qui ne communique aucun montant.

Selon l’ESA, la réalisation des douze premiers satellites G2 est déjà bien engagée. L’intégration et les essais en vol des premiers exemplaires sont programmés pour 2027, avant un premier lancement de seconde génération en 2028.

« Ces contrats constituent un investissement dans la capacité de l’Europe à maîtriser son propre avenir », souligne Laurent Jaffart, directeur de la Résilience, de la Navigation et de la Connectivité de l’ESA, cité dans le communiqué de Thales Alenia Space.

Antennes numériques et liaisons inter-satellites contre le brouillage

Sur le plan technique, les satellites G2 embarquent des antennes configurables numériquement et des liaisons inter-satellites. Ils doivent améliorer la précision du positionnement, mieux résister au brouillage et aux interférences et renforcer la protection contre les cybermenaces, précise le communiqué. Leur durée de vie opérationnelle est fixée à 15 ans.

Thales Alenia Space Italie pilote un consortium européen qui associe notamment ses filiales française, espagnole et belge, Thales, Spaceopal, Leonardo et des partenaires issus de 14 pays européens. La coentreprise est par ailleurs responsable du segment sol de mission de Galileo G2.

Giampiero Di Paolo, Deputy CEO et Senior Vice-Président des activités Observation, Exploration et Navigation de Thales Alenia Space, associe ce rôle à la constellation de démonstration Celeste, destinée à explorer une future couche de navigation en orbite basse. Selon lui, cette combinaison de capacités permettra d’atteindre « une précision de géolocalisation inégalée ».

Pour sa part, Hervé Derrey, président-directeur général de Thales Alenia Space, estime que « ce programme constitue un pilier essentiel à l’autonomie stratégique européenne ».

Huit milliards d’euros fléchés vers Galileo sur 2021-2027

La première génération n’est pas encore achevée. Selon l’ESA, elle compte 38 satellites au total, dont quatre restent à lancer. La prochaine paire devait partir au quatrième trimestre 2026 sur Ariane 6, indique Toute l’Europe, qui chiffre à environ 8 milliards d’euros la part de l’enveloppe spatiale européenne 2021-2027 (14,9 milliards d’euros) destinée à Galileo.

Le même média rappelle que plus de 4,5 milliards d’appareils dans le monde utilisaient Galileo en 2024 et que plus de 95 % des smartphones étaient compatibles. Le service à haute précision permet de localiser un objet à 20 centimètres près.

Côté lanceur, la seconde génération restera européenne. Arianespace a signé en janvier avec l’EUSPA le contrat de lancement de la deuxième paire de satellites G2 (mission Galileo L18) sur Ariane 6, après celui de la mission L17, attribuée en avril 2024 pour la première paire, apprend-on dans un communiqué de l’opérateur de lancement.

Ce nouveau contrat s’inscrit dans une série de commandes qui consolident la base industrielle spatiale du continent, à l’image des satellites IRIS² lancés par Airbus, présentés comme un pilier de la souveraineté spatiale européenne. Thales Alenia Space, qui revendique 2,36 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et plus de 8 000 salariés, se retrouve ainsi à parité avec Airbus, avec huit satellites G2 chacun.

Prochaine étape : les premiers essais en vol des satellites G2, attendus en 2027. Les quatre derniers venus, eux, ne rejoindront pas l’orbite avant 2031.

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