Le sidérurgiste ArcelorMittal franchit une nouvelle étape dans la transformation de son outil industriel en France. Le groupe a confirmé la construction d’un four électrique sur son site de Dunkerque, un investissement de 1,3 milliard d’euros présenté comme stratégique pour la décarbonation de la production d’acier et la pérennité de la filière européenne.
Un investissement industriel majeur pour l’acier bas carbone
Le futur four électrique, dont la mise en service est prévue en 2029, affichera une capacité de production de 2 millions de tonnes d’acier par an. Il permettra de réduire drastiquement l’empreinte carbone du site, avec des émissions ramenées à environ 0,6 tonne de CO₂ par tonne d’acier, soit près de trois fois moins qu’un haut-fourneau traditionnel.
Cette performance reposera sur un mix de matières premières intégrant de l’acier recyclé, du fer pré-réduit (HBI ou DRI) et de la fonte. Le projet bénéficie d’un soutien public significatif via le mécanisme des certificats d’économie d’énergie, qui couvrira environ la moitié du montant investi.
La confirmation de cet engagement intervient à l’occasion de la visite du président de la République, Emmanuel Macron, sur le site dunkerquois, aux côtés de plusieurs membres du gouvernement.
Un contexte européen jugé plus favorable par le groupe
ArcelorMittal souligne que cette décision s’appuie sur une évolution jugée positive de l’environnement réglementaire européen. Le renforcement des contingents tarifaires visant à limiter les importations jugées déloyales, ainsi que l’ajustement du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), sont perçus comme des leviers essentiels pour rétablir des conditions de concurrence plus équitables.
Autre élément déterminant : la signature récente d’un contrat d’approvisionnement électrique de long terme avec EDF, garantissant une électricité bas carbone et compétitive. Pour le groupe, cette sécurisation énergétique constitue un prérequis à tout investissement industriel de cette ampleur.
Dunkerque, pilier de la stratégie industrielle française
Pour ArcelorMittal, Dunkerque reste un site central dans la stratégie européenne du groupe. L’investissement dans le four électrique s’inscrit dans une volonté affichée de maintenir une production d’acier au cœur de l’Union européenne, au plus près des marchés industriels.
Le groupe souligne également que ce projet pourrait servir de modèle pour d’autres investissements en Europe, à condition que des cadres économiques et réglementaires comparables soient réunis. Une approche prudente, mais assumée, dans un contexte de transformation profonde de la sidérurgie mondiale.
Une dynamique industrielle renforcée dans le Nord
Au-delà du four électrique, ArcelorMittal a également lancé, sur son site de Mardyck, une nouvelle unité de production d’aciers électriques, dédiée notamment aux besoins liés à l’électrification de l’industrie et de l’automobile. Cet investissement de 500 millions d’euros constitue le plus important engagement industriel du groupe en Europe hors projets de décarbonation depuis dix ans.
Avec ces annonces successives, le groupe réaffirme son ancrage industriel en France et sa volonté de conjuguer transition climatique, souveraineté industrielle et compétitivité économique.


