Le groupe Airbus a publié, le 19 février 2026, des résultats annuels 2025 marqués par une forte dynamique commerciale, une rentabilité en nette progression et un carnet de commandes historique. Dans un contexte industriel toujours contraint – notamment par les tensions sur les moteurs Pratt & Whitney – l’avionneur européen confirme la solidité de son modèle et affiche des ambitions élevées pour 2026.
Une performance financière au plus haut
En 2025, Airbus a livré 793 avions commerciaux, contre 766 en 2024. Le chiffre d’affaires progresse de 6 % sur un an pour atteindre 73,4 milliards d’euros, tandis que l’EBIT ajusté s’établit à 7,1 milliards d’euros, en forte hausse par rapport aux 5,4 milliards enregistrés l’année précédente.
Le résultat net ressort à 5,2 milliards d’euros, pour un bénéfice par action de 6,61 euros. Le free cash-flow avant financement client atteint 4,6 milliards d’euros, confirmant la capacité du groupe à générer des liquidités malgré un environnement opérationnel complexe.
Le conseil d’administration proposera le versement d’un dividende de 3,20 euros par action au titre de 2025, en hausse, signe de la confiance du management dans la trajectoire financière du groupe.
Un carnet de commandes historique
L’année 2025 a été marquée par 1 000 commandes brutes d’avions commerciaux, dont 889 nettes après annulations. Le carnet de commandes atteint un niveau record de 8 754 appareils à fin décembre, garantissant plusieurs années de visibilité industrielle.
Par divisions :
- Avions commerciaux : 52,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+4 %), portés par la montée en cadence des programmes A220, A320, A330 et A350.
- Hélicoptères : 9 milliards d’euros (+13 %), avec 536 commandes nettes et un ratio book-to-bill supérieur à 1, notamment sur les marchés militaires.
- Défense et Espace : 13,4 milliards d’euros (+11 %), et 17,7 milliards d’euros de prises de commandes, là aussi à un niveau record.
La division Défense et Espace repasse dans le vert avec un EBIT ajusté de 798 millions d’euros, après une perte opérationnelle en 2024 liée à la révision technique de certains programmes spatiaux.
Montée en cadence sous tension industrielle
Airbus poursuit sa montée en cadence, mais doit composer avec des contraintes majeures sur la chaîne d’approvisionnement.
Sur l’A220, la cible est désormais fixée à 13 appareils par mois en 2028. Pour la famille A320, les difficultés d’approvisionnement en moteurs Pratt & Whitney ralentissent la trajectoire : Airbus vise désormais une cadence comprise entre 70 et 75 appareils par mois d’ici fin 2027, avec une stabilisation à 75 ensuite.
Les objectifs restent inchangés pour :
- l’A330 : cadence 5 en 2029 ;
- l’A350 : cadence 12 en 2028.
Ces tensions illustrent la dépendance persistante de l’industrie aéronautique mondiale à certains fournisseurs stratégiques, dans un contexte de reprise forte du trafic aérien et de demande soutenue des compagnies.
Une solidité financière confirmée
La trésorerie brute atteint 27,2 milliards d’euros fin 2025, pour une position nette de 12,2 milliards d’euros. Le groupe conserve ainsi une marge de manœuvre importante pour financer ses investissements, ses projets technologiques et d’éventuelles opérations stratégiques.
Les dépenses de R&D autofinancées s’élèvent à 3,15 milliards d’euros, traduisant la poursuite des efforts d’innovation dans un secteur marqué par la transition énergétique et les enjeux de décarbonation.
Cap sur 2026 : 870 livraisons visées
Pour 2026, Airbus table sur :
- environ 870 livraisons d’avions commerciaux ;
- un EBIT ajusté d’environ 7,5 milliards d’euros ;
- un free cash-flow avant financement client proche de 4,5 milliards d’euros.
Ces objectifs reposent sur l’hypothèse d’absence de perturbations supplémentaires du commerce mondial, du trafic aérien ou de la chaîne d’approvisionnement.
Après une année 2025 qualifiée de « landmark year » par son directeur général Guillaume Faury, Airbus confirme ainsi sa place de leader industriel européen, à la croisée des dynamiques civiles et militaires. Dans un contexte géopolitique marqué par la remontée des budgets de défense et la compétition technologique mondiale, le groupe apparaît plus que jamais comme un pilier stratégique de la souveraineté industrielle européenne.


