Le groupe aérospatial français Dassault Aviation franchit une nouvelle étape dans l’intégration de l’intelligence artificielle au combat aérien. L’avionneur mène un tour de table de 200 millions de dollars dans la startup parisienne Harmattan AI, valorisée à 1,4 milliard de dollars, alors que la concurrence géopolitique accélère la course aux technologies de défense autonomes.
Une IA embarquée au cœur des futurs systèmes de combat
Le partenariat annoncé vise à intégrer des fonctions avancées d’IA directement au sein des futurs systèmes de combat aérien de Dassault Aviation. L’objectif est clair : renforcer l’autonomie et l’efficacité opérationnelle, notamment pour le contrôle et la coordination de systèmes aériens inhabités. À terme, ces briques logicielles doivent permettre une interaction fluide entre avions de chasse et drones, avec des capacités accrues de perception, de décision et d’action en environnement contesté.
Créée en avril 2024, Harmattan AI s’est positionnée sur le développement de systèmes autonomes intégrés de défense. La jeune pousse conçoit des drones de frappe ou de surveillance augmentés par l’IA, ainsi que des plateformes de commandement et de contrôle capables d’orchestrer des opérations complexes en temps réel. Une offre qui s’inscrit pleinement dans l’évolution des doctrines militaires contemporaines.
Une levée de fonds saluée au plus haut niveau de l’État
La levée de fonds, qui propulse Harmattan AI au rang de licorne, a été saluée publiquement par le président de la République, Emmanuel Macron, qui y voit un signal fort pour l’autonomie stratégique française. Selon l’exécutif, cette opération renforce à la fois la supériorité technologique des armées en matière de drones activés par l’IA et la dynamique économique de la filière industrielle nationale.
Dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, l’usage intensif des drones et l’émergence de systèmes autonomes ont profondément transformé les équilibres militaires. L’IA s’impose désormais comme un facteur décisif pour le renseignement, la gestion du champ de bataille et la conduite des opérations aériennes.
Le Rafale F5 et les drones de combat en ligne de mire
Dassault Aviation prépare actuellement une nouvelle évolution de son avion de chasse phare, le Rafale F5, attendue à l’horizon 2030. Ce standard doit être conçu pour opérer en coopération étroite avec des drones de combat développés dans le cadre du programme UCAS (Unmanned Combat Air System). Dans ce schéma, l’intelligence artificielle joue un rôle central : assistance au pilotage face à des volumes massifs de données, hiérarchisation des menaces, coordination de missions multi-plateformes.
L’industriel multiplie par ailleurs les partenariats institutionnels et industriels pour structurer une IA de défense souveraine. Un accord a notamment été conclu avec Agence ministérielle pour l’IA de défense afin d’identifier des cas d’usage opérationnels dans le combat aérien. En parallèle, Dassault a annoncé un partenariat stratégique avec Thales pour développer des solutions d’IA adaptées aux exigences de souveraineté et de sécurité nationale.
Une course technologique devenue stratégique
À mesure que les conflits modernes se complexifient, la maîtrise de l’IA devient un levier déterminant de compétitivité pour les industriels de défense. L’investissement massif de Dassault Aviation dans Harmattan AI illustre cette prise de conscience : au-delà de l’innovation, il s’agit de garantir à la France une capacité autonome de conception et de déploiement de systèmes de combat de nouvelle génération, capables de répondre aux défis stratégiques des décennies à venir.
