CARMAT : une offre de reprise déposée, l’avenir du cœur artificiel suspendu à la décision du tribunal

Crédits photo : Carmat
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Le 4 novembre 2025, CARMAT, concepteur du cœur artificiel total Aeson®, a annoncé avoir reçu une offre de reprise dans le cadre de sa procédure de redressement judiciaire ouverte depuis le 1er juillet 2025. Cette offre, déposée avant la date butoir du 3 novembre, sera examinée par le Tribunal des Activités Économiques de Versailles lors d’une audience prévue le 25 novembre.
Elle émane de la société « CARMAT SAS », créée spécifiquement pour les besoins de la reprise et détenue par LOHAS S.à r.l., une structure contrôlée par Pierre Bastid, actuel président du conseil d’administration et actionnaire de référence de CARMAT (environ 17 % du capital).

Une proposition sous conditions, un risque majeur de liquidation

L’offre de reprise peut encore évoluer jusqu’au 20 novembre. Mais la direction souligne qu’à ce stade, aucune garantie ne permet d’affirmer qu’elle aboutira. Si le tribunal venait à rejeter cette proposition ou si ses conditions suspensives n’étaient pas levées, CARMAT serait vraisemblablement placée en liquidation judiciaire, entraînant la cessation de ses activités.
Dans ce scénario, la société anticipe la perte quasi totale de l’investissement des actionnaires et des créances d’une grande partie de ses fournisseurs et partenaires. Même si l’offre est retenue, CARMAT SA devrait malgré tout être liquidée, les activités étant reprises au sein d’une nouvelle entité.

Une activité maintenue a minima pour les patients équipés

En attendant la décision du tribunal, CARMAT maintient une activité réduite afin de limiter la consommation de trésorerie, concentrant ses ressources sur le suivi des patients déjà implantés avec le cœur artificiel Aeson®. La direction affirme faire du support médical de ces patients sa priorité absolue, y compris en cas de liquidation sans poursuite d’activité.
Le titre CARMAT (ALCAR) reste suspendu à la cote d’Euronext Growth depuis l’ouverture de la procédure.

Aeson®, symbole d’une ambition industrielle française en péril

Fondée en 2008 et basée en région parisienne, CARMAT s’était donnée pour mission de proposer la première alternative crédible à la transplantation cardiaque, grâce à un dispositif implantable biomimétique et auto-régulé.
Malgré les espoirs suscités par la technologie Aeson® — déjà commercialisée dans l’Union européenne comme « pont à la transplantation » et en essai clinique aux États-Unis —, la société n’a pas réussi à atteindre la rentabilité, confrontée à des coûts de développement très élevés et à un rythme d’implantations encore limité.
L’audience du 25 novembre marquera donc une étape décisive : elle dira si l’aventure CARMAT peut se poursuivre sous une nouvelle forme, ou si le cœur artificiel français cessera de battre.

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