L’assureur-crédit international Coface a publié des résultats en baisse au troisième trimestre 2025, marqués par un ralentissement généralisé de l’activité économique mondiale et une hausse du nombre de défaillances d’entreprises. Le résultat net, part du groupe, s’établit à 52,1 millions d’euros, en recul de 20,4 % sur un an, tandis que le résultat opérationnel courant diminue de 20,3 %, à 80,1 millions d’euros.
Un recul marqué des performances opérationnelles
Le chiffre d’affaires trimestriel ressort à 449,9 millions d’euros, en légère baisse de 0,9 %. Hors effet de change, la progression atteint toutefois 0,8 %, portée par les activités de services (affacturage, caution et information commerciale) en hausse de 4,9 % à 81,4 millions d’euros. En revanche, les revenus issus de l’assurance-crédit, cœur de métier du groupe, reculent de 0,1 % à 368,5 millions d’euros.
Le ratio combiné net de réassurance, indicateur clé de rentabilité pour le secteur, s’est dégradé de 6,8 points en un an, à 73,9 %, sous l’effet combiné d’une hausse du ratio de sinistralité (38,5 %, contre 36,4 % un an plus tôt) et d’une augmentation du ratio de coûts (34,6 %, contre 29,8 %).
Le directeur général Xavier Durand explique ces résultats par la montée des tensions économiques internationales :
« La mise en place de barrières douanières et la baisse du prix de nombreuses matières premières, notamment énergétiques, limitent la croissance de l’assurance-crédit alors que le nombre de faillites d’entreprises atteint désormais des niveaux supérieurs à la moyenne de cycle. »
Malgré ce contexte, le retour sur fonds propres tangibles atteint 12 % depuis le début de l’année, un niveau supérieur à la moyenne de cycle visée par le groupe, bien qu’en retrait de 1,9 point sur un an.
Coface : un modèle d’affaires solide et une stratégie d’adaptation
Créée en 1946, Coface figure parmi les trois leaders mondiaux de l’assurance-crédit, avec une présence dans 100 pays et une part de marché mondiale d’environ 15 %. Ses revenus annuels s’élèvent à 1,85 milliard d’euros, dont 82 % issus de l’assurance-crédit et 18 % des services complémentaires.
Son modèle « Power the Core » repose sur plusieurs leviers :
- une présence internationale structurée en sept zones géographiques, couvrant l’Europe, l’Afrique, les Amériques et l’Asie ;
- une sélectivité accrue dans la souscription et la gestion des risques ;
- une innovation technologique soutenue par des outils propriétaires (Atlas, ICON, Easy, Cofanet) pour renforcer la prédictivité et la connectivité des données ;
- une robustesse financière maintenue, avec un ratio de solvabilité de 196 % et un endettement inférieur à 30 %.
Des perspectives prudentes pour 2025
Coface reste prudente pour l’année à venir. Le groupe anticipe une hausse continue des défaillances d’entreprises, un ralentissement économique global et une volatilité accrue sur les marchés américains. Cette situation pourrait peser sur la demande en assurance-crédit.
Dans ce contexte, la direction entend poursuivre la montée en puissance des activités de services d’information et de recouvrement, jugées moins cycliques et plus rentables que l’assurance-crédit traditionnelle.
La stratégie environnementale du groupe reste également au cœur de ses priorités, avec un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 et une réduction de 30 % de l’exposition du portefeuille aux émissions de CO₂ d’ici 2025.
Enfin, malgré le repli du bénéfice net, Coface a maintenu un dividende généreux, porté à 1,40 euro par action au titre de 2024, soit un taux de distribution de 80 %.
Avec un bilan sain, un modèle diversifié et une politique prudente, le groupe aborde la fin d’exercice avec un positionnement solide, mais lucide face à un environnement mondial où le risque de crédit se recompose rapidement.
