BNP Paribas tire profit de l’intégration d’Axa IM malgré un contexte sous tension

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Porté par la gestion d’actifs, le bénéfice net du groupe bancaire progresse de 6,1 % au troisième trimestre, tandis que les risques judiciaires et le coût du risque rappellent les fragilités persistantes du secteur.

La gestion d’actifs propulse les résultats

BNP Paribas enregistre une solide performance au troisième trimestre 2025, avec un bénéfice net de 3,04 milliards d’euros, en hausse de 6,1 % sur un an. Ce rebond s’explique en grande partie par la contribution de sa nouvelle branche de gestion d’actifs issue du rachat d’Axa Investment Managers (Axa IM), finalisé en début d’année pour plus de 5 milliards d’euros.

Cette intégration, première du genre à produire ses effets sur les comptes, dynamise les activités d’assurance, d’épargne et de gestion d’actifs, dont les revenus et résultats avant impôt bondissent de plus de 25 %. Avec plus de 1 600 milliards d’euros d’actifs sous gestion, BNP Paribas revendique désormais la troisième place européenne dans ce domaine.

« Nos résultats sont en ligne avec notre objectif de résultat net 2025 supérieur à 12,2 milliards d’euros et avec notre trajectoire de croissance à l’horizon 2026 », a déclaré le directeur général Jean-Laurent Bonnafé.

À fin septembre, le groupe a déjà atteint les trois quarts de son objectif annuel, avec 9,25 milliards d’euros de bénéfice net cumulés, malgré un léger recul de 1,2 % sur un an.

Marchés porteurs et coût du risque en hausse

La banque de financement et d’investissement (BFI) a également soutenu la croissance du groupe grâce à la bonne tenue des activités de marché. Le produit net bancaire s’établit à 12,57 milliards d’euros sur le trimestre, en hausse de 5,3 % sur un an, mais légèrement en deçà des attentes des analystes de Factset et Bloomberg.

En parallèle, le coût du risque – les provisions destinées à couvrir d’éventuels impayés – progresse de 24,1 %, à 905 millions d’euros, dans un contexte d’augmentation des faillites d’entreprises en France. Ce niveau traduit le durcissement de l’environnement macroéconomique, marqué par la hausse des taux et le ralentissement de la consommation.

Ombres judiciaires et prudence sociale

Malgré ces résultats positifs, BNP Paribas reste sous la menace d’affaires judiciaires anciennes. La banque n’a pas provisionné de nouveaux montants dans le cadre du procès civil américain lié à son rôle présumé dans le financement du régime soudanais entre 1997 et 2009.

Le 17 octobre, un jury new-yorkais l’a reconnue responsable de complicités d’exactions, la condamnant à verser 20,75 millions de dollars à trois plaignants. L’établissement, qui conteste ce verdict et prévoit de faire appel, fait face à la perspective de 23 000 nouvelles plaintes potentielles.

Sur le plan social, le groupe a clos ses négociations annuelles obligatoires (NAO) sans accorder d’augmentation générale. Une enveloppe équivalente à 2 % de la masse salariale sera toutefois dédiée aux revalorisations individuelles en 2026. Par ailleurs, des primes de partage de la valeur de 1 000 à 1 300 euros ont été distribuées à 87 % des salariés, témoignant d’une politique de reconnaissance ciblée plutôt que collective.

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