CARMAT reporte ses comptes semestriels 2025, l’audience clé renvoyée au 25 novembre

Crédits photo : Carmat
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Le medtech français à l’origine du cœur artificiel Aeson traverse une zone de très fortes turbulences. Entre redressement judiciaire, nouvelle fenêtre de dépôt d’offres et suspension du titre, l’avenir de l’entreprise se joue désormais à très court terme.

Un calendrier judiciaire resserré et une incertitude maximale

CARMAT, placée en redressement judiciaire depuis le 1er juillet 2025, annonce le report de la publication de son rapport financier semestriel 2025 (clôture au 30 juin) à une date ultérieure. Le conseil d’administration juge ne pas pouvoir arrêter les comptes tant que plane l’incertitude sur la continuité d’exploitation. La publication, initialement prévue le 31 octobre 2025, est donc différée.

Sur le plan judiciaire, après une première offre de reprise jugée non recevable le 30 septembre, l’administrateur a demandé la conversion du redressement en liquidation judiciaire. Examinée le 14 octobre, cette requête a été renvoyée au 25 novembre 2025. D’ici là, un nouvel appel d’offres est ouvert avec date-butoir au 3 novembre 2025 ; si des propositions arrivent, elles seront examinées lors de l’audience du 25 novembre.

Le groupe prévient sans détour : si aucune nouvelle offre n’aboutit, la liquidation est « quasi certaine », avec cessation d’activité et perte très probable de l’intégralité de l’investissement des actionnaires. Même en cas de poursuite via une autre entité, l’ampleur du passif rend hautement probable la perte totale pour les actionnaires actuels. En cas de liquidation, la société demandera sa radiation d’Euronext. Le cours ALCAR demeure suspendu.

Trésorerie sous contrainte : activité minimale et priorité au support des patients

Pour limiter sa consommation de trésorerie, CARMAT maintient uniquement les activités essentielles et se concentre sur le support des patients équipés du cœur artificiel Aeson, en assurant que ce support restera prioritaire même en cas de liquidation sans poursuite d’activité. Cette ligne est réaffirmée comme un engagement de continuité de soins, quelle que soit l’issue judiciaire.

Commercialisé dans l’Union européenne en indication de pont à la transplantation, Aeson se distingue par son fonctionnement pulsatile, auto-régulé et une hémocompatibilité avancée ; il est par ailleurs évalué aux États-Unis dans un essai de faisabilité. Fondée en 2008 et implantée en Île-de-France, l’entreprise rassemble environ 200 collaborateurs. Ces éléments rappellent le potentiel médical du dispositif et la valeur technologique accumulée, alors même que l’entreprise affronte sa phase la plus critique.

Ce qui se joue le 25 novembre : continuité, cession ou liquidation

L’échéance du 25 novembre 2025 devient décisive. Trois scénarios émergent :

  • Aucune offre retenue : liquidation judiciaire quasi certaine, arrêt des activités et effacement de la valeur actionnariale, avec radiation de la cote.
  • Offre retenue avec poursuite dans une nouvelle entité : transfert partiel ou total d’activité ; malgré la survie du projet industriel et médical, la perte intégrale pour les actionnaires actuels reste hautement probable au vu du passif.
  • Offre retenue au sein de CARMAT : hypothèse la plus favorable pour la continuité sans changement d’entité, mais dont l’issue capitalistique reste, à ce stade, incertaine.

D’ici là, la gouvernance financière reste suspendue : tant que l’applicabilité du principe de continuité d’exploitation ne peut être appréciée, les comptes semestriels ne seront pas arrêtés. Un nouveau communiqué est attendu après le 3 novembre, une fois la fenêtre de dépôt des offres close.

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