MaPrimeRénov’ revient en version restreinte : qui en bénéficiera vraiment ?

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Le dispositif MaPrimeRénov’, suspendu en juin 2025, fait son retour le 30 septembre, mais sous une forme considérablement réduite. Désormais, seuls 13 000 dossiers seront acceptés dans le cadre du « parcours accompagné », avec des critères d’éligibilité resserrés. Le gouvernement cible exclusivement les ménages aux revenus « très modestes », propriétaires de logements classés E, F ou G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Les plafonds de travaux ont également été revus à la baisse : 30 000 € pour un gain de deux classes sur le DPE, et 40 000 € pour trois classes ou plus. Autre changement notable : la suppression du bonus de sortie de passoire thermique, qui représentait 10 % du montant des travaux.

Un public cible très limité

Les seuils de revenus pour prétendre à cette aide sont particulièrement bas. Un célibataire ne doit pas gagner plus de 17 173 € par an (soit 1 431 € par mois), tandis qu’un couple est limité à 25 155 € annuels (2 096 € par mois). Selon les données de l’Insee, seuls 28,5 % des Français dont les revenus se situent sous le premier quartile (moins de 1 512 € nets mensuels) sont propriétaires. Par ailleurs, la Banque de France indique que moins de 1,5 % des nouveaux crédits immobiliers ont été accordés en 2025 à des ménages gagnant moins de 20 000 € par an. Résultat : une grande partie des acquéreurs de passoires thermiques, souvent des jeunes ménages, se retrouveront exclus du dispositif, malgré leur volonté de rénover.

Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer, souligne une réalité contrastée : « Beaucoup de jeunes achètent des passoires thermiques pour profiter d’une décote à l’achat, mais leurs revenus dépassent généralement les plafonds fixés. Ils obtiennent un crédit, mais sans pouvoir bénéficier de MaPrimeRénov’ pour des travaux d’envergure. »

Les banques prennent le relais avec des offres incitatives

Face à la réduction des aides publiques, les établissements bancaires développent des solutions pour encourager la rénovation énergétique. Le DPE est désormais un élément clé dans l’étude des dossiers de crédit. Une meilleure performance énergétique rassure les banques et peut faciliter l’obtention d’un prêt, voire réduire son coût.

Des taux bonifiés et des économies substantielles

Plusieurs banques proposent des avantages financiers pour inciter les propriétaires à engager des travaux :

  • Une décote de taux de 0,25 % pour l’achat d’un bien classé D, E, F ou G, à condition d’inclure une enveloppe travaux d’au moins 1 000 € dans le financement. L’assurance emprunteur peut également être réduite de 0,10 %. Pour un crédit de 200 000 € sur 20 ans, cela représente une économie totale de 10 000 €.
  • Une réduction de taux de 0,20 % si l’amélioration du DPE est attestée sous 40 mois, avec un gain minimal de deux lettres. Cette réduction s’applique sur toute la durée restante du prêt.
  • Un prêt dédié à 2,50 % sur 25 ans, jusqu’à 30 000 €, pour financer des travaux améliorant le DPE, sous réserve de présenter un devis et une projection énergétique post-travaux.

L’Eco-PTZ, complémentaire à ces offres, reste accessible sous conditions. Il permet de financer jusqu’à 50 000 € de travaux, à condition que ceux-ci soient réalisés par des professionnels reconnus garants de l’environnement (RGE) et qu’ils améliorent le DPE d’au moins deux lettres.

Une stratégie gagnante pour les propriétaires et les banques

Intégrer les travaux de rénovation dans le financement initial présente un double avantage :

  • Un taux de crédit plus attractif que celui d’un prêt à la consommation souscrit ultérieurement.
  • Une valorisation rapide du bien, ce qui sécurise l’investissement et réduit le risque pour la banque.

« Même sans MaPrimeRénov’, il est possible de réduire le coût global d’une rénovation en l’intégrant dès l’achat. Cela permet de bénéficier de conditions de financement plus favorables et de valoriser son patrimoine à court terme », conclut Julie Bachet.

Une dynamique qui s’inscrit dans la transition énergétique

Au-delà des aides publiques, les banques jouent un rôle croissant dans la transition énergétique du parc immobilier. En proposant des taux préférentiels et des dispositifs incitatifs, elles encouragent les propriétaires à améliorer la performance énergétique de leur logement, tout en limitant les risques liés aux passoires thermiques. Une approche qui pourrait, à terme, redéfinir les critères d’octroi des crédits immobiliers.

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