DGA : la coopération internationale devient « un pilier », l’Inde et les Émirats veulent aller plus loin

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Jeudi 5 novembre, le ministère des Armées et des Anciens combattants publie sur son site un entretien avec Laurent Mercier, chef du Service de la stratégie et des projets d’exportation et de coopération de la Direction générale de l’armement (DGA). Au cœur du salon Euronaval, il y affirme que la coopération internationale « est devenue un pilier de la stratégie de la Direction générale de l’armement ». Explications.

Le texte, présenté sous le titre « Quelle place pour la coopération internationale dans la stratégie de la DGA ? », s’ouvre sur le constat d’un « retour à des opérations de haute intensité », y compris en mer. Il ne contient ni commande, ni montant, ni calendrier nouveau.

Laurent Mercier : partager les coûts de systèmes « de plus en plus complexes »

Laurent Mercier cite la « multiplication des foyers de crise », de la mer Rouge à l’Indopacifique, des fonds marins aux littoraux. Si la France est capable de construire tous les types de navires, la montée des menaces et l’effort de réarmement exigent, selon lui, « de produire plus vite, en volume, et de partager les coûts de développement de systèmes de plus en plus complexes ».

Il reprend à son compte la formule de la ministre des Armées et des Anciens combattants à l’ouverture d’Euronaval : « notre première arme, c’est notre capacité à produire en européen ».

La coopération permet, détaille l’entretien, de mutualiser les coûts de recherche et développement, d’industrialisation et de production, et donc de limiter l’effort budgétaire national. Elle répartit aussi le risque technologique sur les phases amont. Par la mutualisation des budgets, elle peut donner accès à des systèmes « inaccessibles à un pays seul ». Pour la DGA, elle sert enfin de vecteur d’accès à des technologies critiques développées à l’étranger et stimule l’innovation nationale par effet d’entraînement.

Horizon, FREMM, PAAMS : l’Italie, le Royaume-Uni, le Japon et la Suède

Interrogé sur les programmes qui illustrent cette ambition, l’entretien rappelle une « tradition de coopération navale » avec l’Italie, à travers les programmes Horizon, FREMM (frégates multi-missions) et PAAMS, système de défense aérienne basé sur le missile Aster.

Côté britannique, la coopération en guerre des mines a permis le développement de capacités franco-britanniques. Elle va « même plus loin, au sens géographique », avec le Japon. Quant à la Suède, la coopération a débuté avant la sélection des frégates de défense et d’intervention (FDI), avec l’évaluation, depuis le début de 2025, des vedettes rapides CB90 développées par Saab.

La guerre des mines est justement le terrain du dossier des navires « Protée » confiés aux Abeilles et à Chantiers de l’Atlantique, que Refrance a traité cette semaine.

L’Inde et les Émirats arabes unis, au-delà des achats sur étagère

Sur la géographie, l’entretien précise que la dynamique reste « majoritairement européenne », mais que la DGA développe aussi des partenariats au Proche-Orient, où les forces françaises sont déployées, et dans l’Indopacifique, où la France occupe « une place singulière de nation régionale ».

Le texte cite deux pays. « L’Inde et les EAU sont aujourd’hui des pays qui souhaitent développer de véritables coopérations avec la France, allant bien au-delà des traditionnels achats sur étagère de matériels français », indique l’entretien. Aucun programme précis n’est nommé.

Sur l’articulation avec les exportations, la DGA décrit deux notions complémentaires. La coopération élargit le champ des capacités exportables, tandis que les ventes à l’étranger peuvent ouvrir de nouvelles coopérations avec les pays acquéreurs. Une coopération peut ainsi soutenir un export en enrichissant et en crédibilisant l’offre française, indique l’entretien.

Dépendances et exportations : les limites que la DGA reconnaît

La publication consacre une question à la souveraineté industrielle. « Coopération et souveraineté sont complémentaires », répond l’entretien, qui souligne que la France conserve son autonomie dans ses décisions d’équipement.

Le texte admet néanmoins des risques. La coopération peut engendrer une dépendance vis-à-vis des partenaires, notamment pour certaines briques technologiques ou capacités de soutien. « Ces dépendances doivent être identifiées, maîtrisées et assumées », écrit l’entretien, qui insiste sur la préservation des marges d’autonomie dans les domaines de la dissuasion ou des intérêts stratégiques majeurs. Une coopération peut aussi restreindre la liberté d’emploi des équipements et compliquer, voire bloquer, des perspectives d’exportation.

Pour Euronaval, la DGA annonce les messages qu’elle entend porter auprès de ses partenaires, parmi lesquels la montée en puissance des drones navals et le renforcement des capacités de la Marine nationale. « Les messages à porter sont ceux du réarmement, de l’innovation et de la coopération », précise l’entretien.

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