Engie a publié jeudi 5 novembre ses résultats au 30 septembre 2026 : l’EBIT hors nucléaire s’élève à 7,0 milliards d’euros, en hausse de 9,7 % grâce à l’acquisition de UK Power Networks, mais de 3,3 % seulement en organique. Explications.
Le groupe énergétique Engie, dont l’État français est actionnaire, a publié jeudi 5 novembre, à 7h45, son communiqué sur ses résultats des neuf premiers mois de 2026. L’EBIT hors nucléaire atteint 7,0 milliards d’euros (6 961 millions d’euros), contre 6 346 millions un an plus tôt, soit une hausse publiée de 9,7 % et une hausse organique de 3,3 %.
L’écart tient à un seul actif. Engie a finalisé en mai l’acquisition du réseau britannique de distribution d’électricité UK Power Networks, qui a contribué à hauteur de 452 millions d’euros à l’EBIT sur cinq mois de consolidation. Sans lui, la progression publiée serait inférieure de plus de moitié, calcul fait à partir des chiffres du communiqué. Le chiffre d’affaires ressort à 54,3 milliards d’euros (+2,9 %, +2,5 % en organique).
UK Power Networks : 452 millions d’euros d’EBIT en cinq mois
Dans la branche Infrastructures, l’EBIT des réseaux d’électricité passe de 161 à 636 millions d’euros. L’EBIT des réseaux de gaz progresse de 2,0 % en organique, à 2 084 millions d’euros, malgré « un effet climat négatif » en France. L’effet température normatif pèse pour 87 millions d’euros sur les neuf mois, précise le communiqué.
Le groupe met en avant un rendement des capitaux propres régulés de 11,2 % réalisé par UK Power Networks sur la période 2023-2026. Engie indique avoir bouclé l’opération avec deux mois d’avance sur le calendrier initial.
Le nucléaire à 113 millions d’euros, la production de gaz à 647 millions
Le recul est net dans deux métiers. L’EBIT du nucléaire tombe de 496 à 113 millions d’euros (-77,2 %), en raison de l’arrêt en 2025 de Doel 1, Tihange 1 et Doel 2 et du transfert de Tihange 3 et Doel 4 à la coentreprise détenue à parts égales avec l’État belge. Le communiqué précise que Tihange 3 a été reconnecté au réseau le 17 octobre et Doel 4 le 1er novembre.
La production d’électricité au gaz perd 20,4 % en organique, à 647 millions d’euros, du fait de la baisse attendue des marges captées en Europe et de l’arrêt non planifié d’un gazoduc au Pérou en mars. Dans la fourniture, l’activité B2B recule de 29,8 % en organique, à 681 millions d’euros, avec la normalisation des marges sur les contrats historiques. À l’inverse, le B2C bondit de 47,5 % et la gestion d’énergie de 41,0 %.
Heads of Terms belges : « des divergences significatives » sur la valorisation
Le communiqué reprend le report, annoncé la veille, du 4 novembre au 12 décembre de la conclusion des Heads of Terms avec l’État belge, dans la perspective du rachat des activités nucléaires. Selon Engie, « des divergences significatives subsistent toutefois, notamment sur la valorisation de la transaction ». Refrance a détaillé ce second report du dossier nucléaire belge dans un précédent article.
Par ailleurs, le groupe prévoit de maintenir ses provisions nucléaires belges à un niveau globalement stable par rapport aux 8,6 milliards d’euros comptabilisés fin 2025.
62,5 milliards d’euros de dette nette économique pour 26,2 milliards d’euros d’investissements
Les investissements des neuf mois s’élèvent à 26,2 milliards d’euros, dont 19,1 milliards pour UK Power Networks. Hors cette acquisition, les investissements de croissance nets sont de 4,8 milliards d’euros, consacrés à plus de 90 % aux renouvelables et flexibilité d’une part, aux infrastructures d’autre part.
Le cash-flow opérationnel recule de 4,0 milliards d’euros, à 7,5 milliards, sous l’effet d’un besoin en fonds de roulement défavorable : les appels de marge pèsent pour 1,5 milliard d’euros et les stocks de gaz pour 1,1 milliard, en raison de prix plus élevés. La dette nette économique atteint 62,5 milliards d’euros, soit 17,3 milliards de plus qu’à fin 2025, et 4,2 fois l’EBITDA. Engie vise un ratio inférieur ou égal à 4,0 fois une fois UK Power Networks consolidé en année pleine.
Pour financer l’opération, le groupe a levé 3,0 milliards d’euros par augmentation de capital et 3,1 milliards en dette hybride. Les notations restent à BBB+ chez S&P et Fitch et à Baa1 chez Moody’s, perspective stable.
Batteries : 10 gigawatts de stockage et 500 MW en Arabie saoudite
Côté croissance, Engie annonce 60,2 gigawatts de capacités renouvelables et de stockage installées, 6,6 gigawatts en construction et plus de 3 gigawatts de contrats d’achat d’électricité signés depuis janvier. Le groupe a signé en Arabie saoudite le projet de batteries d’Al Khushaybi, 500 MW pour 2 000 MWh, son plus grand au monde, et acquis en Pologne un portefeuille de 758 MW pour 2,2 GWh. Il avait déjà franchi le cap des 10 GW de stockage dans le monde.
En France, les stockages de gaz affichaient un taux de remplissage de 89 % fin septembre, au-dessus du seuil de référence de 85 %. Engie a aussi mobilisé une aide exceptionnelle de 54 millions d’euros pour 720 000 clients fragiles.
Catherine MacGregor : l’énergie, « un enjeu de souveraineté et de compétitivité »
La directrice générale, Catherine MacGregor, déclare : « Alors que l’énergie est plus que jamais un enjeu de souveraineté et de compétitivité, nous contribuons à la sécurité énergétique de nos clients et de nombreux pays où nous opérons ».
Engie précise sa trajectoire : le résultat net récurrent part du groupe 2026 est attendu dans le haut de la fourchette de 4,9 à 5,5 milliards d’euros, et l’EBIT hors nucléaire dans le haut de celle de 9,2 à 10,2 milliards. Prochain rendez-vous : les résultats annuels, le 25 février 2027.
