Vates (Grenoble) : 30 millions d’euros pour l’après-VMware

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Mardi 6 octobre, l’éditeur français de virtualisation open source Vates a annoncé une levée de fonds de 30 millions d’euros auprès d’IRIS et de Bpifrance. Une première levée pour une entreprise rentable depuis 2016. Explications.

Vates, éditeur français de virtualisation open source, annonce mardi 6 octobre une levée de fonds de 30 millions d’euros auprès du fonds Growth d’IRIS et de Bpifrance, via son fonds Large Venture, apprend-on dans un communiqué de Bpifrance. L’entreprise, rentable et autofinancée depuis 2016 selon le communiqué, réalise ainsi sa première levée de fonds.

Broadcom, VMware et la fenêtre ouverte aux éditeurs open source

L’opération s’inscrit, précise le communiqué, « dans un contexte de profonde recomposition du marché mondial de la virtualisation ». La virtualisation, c’est la couche logicielle qui permet de faire tourner plusieurs serveurs virtuels sur une même machine physique, socle de la plupart des infrastructures informatiques d’entreprise.

Le texte pointe le rachat de VMware par Broadcom, qui a « accéléré une transformation déjà engagée du marché ». Face à l’évolution des modèles de licences et à la hausse des coûts d’infrastructure, les entreprises « réévaluent leurs choix technologiques » et recherchent des plateformes alliant performance, maîtrise des coûts, interopérabilité, souveraineté et réversibilité. Vates entend se placer sur ce créneau avec une plateforme open source qui permet de « conserver le contrôle de leurs infrastructures ».

L’entreprise fait état d’une croissance de plus de 65 % en 2025, d’une présence dans une centaine de pays et de 90 % de son chiffre d’affaires réalisé à l’export. L’Amérique du Nord représente à elle seule près de 50 % de son activité.

Un Magic Quadrant de Gartner avec un seul Français : Vates

En 2026, Vates apparaît pour la première fois dans le Magic Quadrant de Gartner consacré à la virtualisation, dont il est le seul acteur français représenté, aux côtés des principaux acteurs mondiaux du secteur, souligne le communiqué.

Pour Nicolas Herschtel, partner chez IRIS, l’entreprise démontre que « l’open source peut répondre aux exigences les plus élevées du marché ». De son côté, Cindy Ung, directrice d’investissement au sein du pôle Large Venture de Bpifrance, estime que cet investissement illustre la volonté de l’institution de soutenir « l’émergence d’un champion technologique français et européen, capable de renforcer la souveraineté numérique du continent, de sécuriser des infrastructures critiques et de contribuer au développement d’une filière industrielle dans les technologies stratégiques ».

30 M€ répartis sur trois priorités, fondateurs toujours majoritaires

Le communiqué détaille l’usage des fonds. Vates compte d’abord accélérer ses investissements technologiques, notamment sur la performance, le stockage, la sécurité et l’automatisation, ainsi que sur les besoins liés à l’IA. L’entreprise vise ensuite l’internationalisation, en particulier en Amérique du Nord et sur ses principaux marchés européens, en renforçant ses capacités commerciales et marketing. Elle ambitionne enfin de changer d’échelle dans le développement de son réseau de distributeurs, d’intégrateurs, de fournisseurs de services et de partenaires technologiques.

À l’issue de l’opération, les cofondateurs demeurent majoritaires au capital, précise le texte. L’arrivée d’IRIS et de Bpifrance doit permettre de structurer le changement d’échelle tout en préservant « son indépendance stratégique ». L’open source reste « au cœur du modèle Vates ».

Olivier Lambert, CEO et cofondateur, résume la ligne dans le communiqué : « Nous ne levons pas des fonds pour changer de stratégie, mais pour accélérer celle que nous poursuivons depuis le début. »

De 20 à 150 salariés, de 1 000 à 1 800 euros par serveur

Le Journal du Net, qui a recueilli les propos d’Olivier Lambert, apporte des éléments absents du communiqué. L’éditeur est passé d’une vingtaine de salariés à 150 en quatre ans. Son modèle repose sur des formules de support qui vont de 1 000 à 1 800 euros par serveur et par an en zone euro, selon le niveau de couverture souhaité. L’ambition affichée est, à terme, d’entrer dans le top 5 mondial des solutions de virtualisation.

Le dirigeant met en avant l’argument de la réversibilité : « Le fait d’être open source est rassurant, parce que ça montre que vous n’êtes pas enfermé chez un éditeur. » Il évoque aussi l’effet de l’intelligence artificielle sur le développement du produit : « Notre capacité d’accélération produit a été multipliée par dix avec l’IA. »

Quant à l’usage de la levée, il explique que l’objectif est de ne plus avoir à arbitrer : « Avant, on devait choisir où accélérer. L’idée de la levée, c’est de pouvoir tout faire en même temps, et de le faire bien. »

La feuille de route, elle, tient en une phrase d’Olivier Lambert au Journal du Net : « Toute la question est de transformer une petite boîte tech en une entreprise capable de rivaliser avec les Américains. »

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