Le classement de Shanghaï 2026, publié samedi 15 août, a confirmé la stabilité relative de l’enseignement supérieur français face à une montée en puissance continue des universités chinoises. Vingt-sept établissements français figurent dans ce palmarès mondial de référence, un chiffre identique à celui de 2025, tandis que la Chine a placé 234 institutions dans le top 1 000, contre 187 pour les États-Unis. Ce contraste illustre un basculement plus large des rapports de force scientifiques internationaux, dans lequel la France doit désormais défendre sa position au dixième rang mondial.
Le classement de Shanghaï 2026 confirme la stabilité française
Selon le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace, «la France gagne un rang et se positionne désormais au dixième rang mondial» dans cette édition 2026 du classement de Shanghaï. Un satisfecit prudent, dans un contexte où la compétition scientifique internationale s’intensifie. Deux établissements font leur entrée dans le classement de Shanghaï cette année, l’université de Bretagne occidentale et l’université d’Angers, tandis que l’INSA Toulouse et l’université Paris-Est Créteil en sortent. Sur les 25 établissements déjà classés en 2025, treize restent stables, quatre progressent et huit reculent.
Quatre universités françaises dans le top 100 du classement de Shanghaï
Paris-Saclay demeure la première université non anglo-saxonne du classement de Shanghaï, à la 13e place mondiale, confirmant l’efficacité du regroupement d’une dizaine de composantes universitaires, de quatre grandes écoles et de sept organismes de recherche opéré depuis 2019. L’université Paris Sciences et Lettres occupe la 33e place, Sorbonne Université la 55e et l’université Paris Cité la 57e. Ce socle de quatre établissements dans le top 100 du classement de Shanghaï reste identique à celui de l’an dernier, même si Sorbonne Université sort du top 50 qu’elle occupait en 2025.
Une méthodologie du classement de Shanghaï contestée mais influente
Conçu par l’université Jiao-tong en 2003, le classement de Shanghaï repose sur six critères exclusivement quantitatifs : prix Nobel et médailles Fields parmi les anciens élèves et les chercheurs, nombre de chercheurs les plus cités, publications dans Nature et Science, indexation dans les bases de citations internationales et performance rapportée à la taille de l’établissement. Cette méthodologie, qui favorise structurellement les sciences dures, fait l’objet de critiques récurrentes. La politologue Stéphanie Balme, du Centre de recherches internationales de Sciences Po, estime que «science, technologie et innovation sont mobilisées comme instruments de puissance» dans ce type de classement international.
Souveraineté scientifique : l’enjeu stratégique derrière le classement de Shanghaï
Au-delà du prestige académique, le classement de Shanghaï cristallise un enjeu de souveraineté scientifique et technologique pour la France et pour l’Europe. La capacité d’un pays à produire de la recherche de rang mondial conditionne directement sa compétitivité industrielle, sa maîtrise des technologies critiques et son attractivité pour les talents internationaux. Cette bataille se joue aussi dans les infrastructures de calcul, comme le rappelle l’inauguration du supercalculateur européen Jupiter, conçu pour permettre aux chercheurs du continent d’innover sans dépendre de capacités étrangères. Elle se joue également dans la structuration de filières de recherche appliquée, à l’image du laboratoire commun récemment créé entre l’AMIAD et l’ENSTA, où recherche académique et impératifs de défense convergent désormais étroitement.
Vers une consolidation universitaire pour peser dans le classement de Shanghaï
Le classement de Shanghaï a profondément remodelé la politique universitaire française depuis 2007, date à laquelle aucun établissement du pays ne figurait dans le top 50 mondial. Le mouvement de regroupement engagé depuis, notamment via l’ordonnance de décembre 2018 créant les établissements publics expérimentaux, a permis à quinze des vingt-trois structures issues de cette politique d’apparaître aujourd’hui dans le palmarès. Reste que la stabilité affichée par la France dans le classement de Shanghaï 2026 masque une compétition mondiale toujours plus âpre, où la progression chinoise et la domination anglo-saxonne imposent un effort soutenu d’investissement dans la recherche pour préserver l’autonomie scientifique du pays.
