DHL vise 3 milliards d’euros dans la logistique des énergies nouvelles

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Le groupe allemand DHL a annoncé son intention de multiplier par cinq son chiffre d’affaires dans le secteur des énergies nouvelles d’ici 2030, passant de 600 millions à 3 milliards d’euros, en s’appuyant sur une stratégie globale dévoilée à l’automne 2024 et couvrant huit segments industriels clés de la transition énergétique.

DHL positionne les énergies nouvelles au cœur de sa stratégie 2030

Le groupe DHL a officiellement inscrit, à l’automne 2024, les énergies nouvelles parmi ses axes de croissance prioritaires dans le cadre de sa Stratégie 2030, engageant des investissements massifs dans ses infrastructures logistiques à l’échelle mondiale. À ce jour, le chiffre d’affaires généré par cette activité est estimé à environ 600 millions d’euros pour l’année 2025. L’objectif fixé par la direction est d’atteindre 3 milliards d’euros d’ici la fin de la décennie, soit une multiplication par cinq en moins de six ans.

Cette ambition s’inscrit dans un contexte de réorganisation profonde des chaînes d’approvisionnement mondiales liées à la transition énergétique. Les industriels du secteur — fabricants de panneaux solaires, producteurs d’hydrogène, constructeurs de véhicules électriques ou opérateurs d’infrastructures de réseau — font face à des besoins logistiques croissants et de plus en plus complexes, que les opérateurs généralistes peinent à satisfaire avec la réactivité et la spécialisation requises.

DHL entend précisément répondre à ce besoin de spécialisation. Le groupe a structuré son offre autour de huit segments industriels distincts : les carburants alternatifs, les systèmes de stockage d’énergie par batteries, les véhicules électriques et leurs composants, l’hydrogène, les infrastructures de réseau électrique, ainsi que les filières solaire et éolienne. Cette segmentation fine traduit une volonté de couvrir l’intégralité du spectre de la transition énergétique, des pièces et composants jusqu’au service après-vente.

Un réseau mondial au service des nouvelles chaînes d’approvisionnement énergétiques

Tobias Meyer, directeur général du groupe DHL, a mis en avant la singularité du positionnement de l’entreprise pour accompagner ces nouvelles filières industrielles. Selon lui, DHL dispose des capacités nécessaires pour opérer des chaînes d’approvisionnement de bout en bout, à une échelle mondiale qu’aucun autre opérateur logistique ne serait en mesure de reproduire. Il a également souligné que la fiabilité du réseau et l’expertise sectorielle accumulée constituent des atouts décisifs pour les entreprises comme pour les États engagés dans la transition énergétique.

Cette déclaration revêt une dimension stratégique non négligeable pour les décideurs européens. La constitution de chaînes d’approvisionnement robustes dans les filières des énergies renouvelables, du stockage électrochimique et de la mobilité électrique est en effet devenue un enjeu de souveraineté industrielle pour l’Union européenne. La dépendance aux fournisseurs asiatiques, notamment chinois, dans plusieurs de ces segments — batteries, panneaux photovoltaïques, composants électroniques — a mis en évidence la fragilité des approvisionnements européens, en particulier depuis les perturbations logistiques mondiales observées entre 2020 et 2022.

Dans ce contexte, le renforcement des capacités logistiques dédiées aux énergies nouvelles par un opérateur de premier plan comme DHL peut contribuer à fluidifier et à sécuriser les flux industriels nécessaires à la montée en puissance des capacités européennes de production d’énergie propre. Pour les entreprises françaises et européennes actives dans ces secteurs, l’existence d’un prestataire logistique capable d’assurer une couverture mondiale et une expertise technique pointue représente un levier opérationnel concret.

Les énergies nouvelles, nouveau terrain de compétition logistique mondiale

L’annonce de DHL intervient dans un secteur logistique en pleine recomposition. La transition énergétique génère des flux de marchandises aux caractéristiques très spécifiques : équipements lourds et volumineux pour l’éolien offshore, composants à haute valeur ajoutée pour les batteries, matières premières critiques pour la fabrication de cellules photovoltaïques. Ces flux exigent des compétences techniques et réglementaires que seuls quelques opérateurs mondiaux sont aujourd’hui en mesure de mobiliser à grande échelle.

La stratégie de DHL s’inscrit ainsi dans une tendance de fond : la spécialisation sectorielle des grands opérateurs logistiques. Après avoir longtemps dominé le marché sur la base du volume et de la rapidité, les acteurs du secteur cherchent désormais à créer de la valeur par la maîtrise d’environnements réglementaires complexes, la gestion de flux multimodaux et la capacité à opérer dans des zones géographiques émergentes où les infrastructures restent insuffisantes.

Pour DHL, l’enjeu est également financier. Avec un objectif de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans les énergies nouvelles à l’horizon 2030, ce segment pourrait représenter une part significative de la croissance globale du groupe sur la période. Les investissements consentis pour développer ces capacités spécialisées témoignent d’une conviction forte de la direction quant à la pérennité et à l’ampleur des besoins logistiques générés par la transition énergétique mondiale. Les décideurs industriels et institutionnels européens auront tout intérêt à suivre l’évolution de ce positionnement, qui pourrait redessiner en partie la géographie des flux logistiques liés aux énergies propres au cours des prochaines années.

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