Drone Volt restructure et vise la rentabilité en 2027

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La société francilienne Drone Volt, fabricant de drones civils et de surveillance coté sur Euronext Growth, a achevé en 2025 une restructuration profonde destinée à assainir ses comptes et relancer sa croissance. Avec 8,7 millions d’euros de chiffre d’affaires et une marge brute portée à 37 %, l’entreprise aborde 2026 dans une configuration financière inédite depuis son introduction en bourse.

Drone Volt recentre son modèle autour de la fabrication et des services

Basée à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, la société Drone Volt a enregistré en 2025 un chiffre d’affaires de 8,7 millions d’euros, réalisé par une quarantaine de collaborateurs répartis entre la France, le Danemark et le Canada. Ce résultat traduit un recentrage stratégique majeur opéré au cours de l’exercice : l’arrêt, dès le troisième trimestre 2024, de la distribution de drones tiers — principalement d’origine chinoise — et la fermeture de deux filiales européennes, Aerialtronics aux Pays-Bas et Drone Volt Benelux en Belgique, auxquelles s’est ajoutée la cession de Drone Volt Netherlands. L’entreprise concentre désormais son activité sur deux pôles distincts : la conception et la fabrication de ses propres appareils, d’une part, et la prestation de services ainsi que la formation de télépilotes certifiés, d’autre part.

Ce repositionnement se lit directement dans les indicateurs financiers. La marge brute est passée de 13 % à 37 % entre 2024 et 2025, traduisant mécaniquement la disparition du chiffre d’affaires de pure distribution, structurellement peu rémunérateur. La société demeure déficitaire, mais les fondamentaux bilanciels ont été sensiblement consolidés : au 31 décembre 2025, les liquidités disponibles équilibrent quasi intégralement la dette financière, portant la trésorerie nette à environ 1,7 million d’euros en position positive. Une augmentation de capital supplémentaire, réalisée en placement privé en avril 2026 à 0,46 euro par action, a apporté 3,8 millions d’euros additionnels, renforçant davantage cette position.

Pour financer cette transition, Drone Volt a mobilisé plus de 20 millions d’euros au cours de l’exercice 2025, via deux augmentations de capital. Ces opérations ont notamment permis l’entrée au capital d’Armistice, fonds américain qui détient désormais 17 % des actions ainsi que des bons de souscription. La société a par ailleurs émis 2 millions d’euros d’obligations et 1,8 million d’euros d’obligations remboursables en numéraire ou en actions nouvelles avec le partenaire Atlas Capital Market.

Une gamme de drones positionnée sur les infrastructures et la souveraineté industrielle

La gamme produits de Drone Volt couvre un spectre d’applications qui illustre la double dimension, civile et sécuritaire, du marché des drones en Europe. Le drone multirotor Hercules 20, capable d’emporter jusqu’à quinze kilogrammes d’équipements et de maintenir un vol de quarante minutes, constitue le produit phare de la société. Sa déclinaison dédiée au nettoyage de façades et de toitures par haute pression — sans recours à un échafaudage — répond à une demande croissante dans le secteur du bâtiment. La Marine nationale française figure parmi les utilisateurs opérationnels de cet appareil.

Le LineDrone, conçu pour l’inspection des lignes à haute tension, présente une architecture hybride lui permettant de se poser physiquement sur les câbles et d’y déployer des capteurs connectés. Hydro-Québec, EDF et Enedis ont recours à cette solution pour la gestion intelligente de leurs réseaux, évitant ainsi des interventions humaines à risque et des coupures d’alimentation. TotalEnergies utilise quant à elle les solutions de Drone Volt pour la détection de fuites de méthane, application à fort enjeu environnemental et réglementaire.

Sur le segment surveillance et défense, le drone Kobra embarque des capteurs optiques et un calculateur de bord chiffrant les données en temps réel. L’Héliplane LRS, hybride multirotor et aile fixe disponible en trois configurations, offre une autonomie de cent cinquante minutes sur un rayon d’action de quatre-vingts kilomètres, avec retour d’information optique et thermique en temps réel vers une station sol. Plusieurs forces armées ont manifesté un intérêt pour ces deux systèmes. Un partenariat technologique a par ailleurs été conclu avec UMag, fournisseur de capteurs magnétiques destinés aux opérations de déminage.

L’ensemble de la chaîne de valeur matérielle repose sur des composants majoritairement européens, cartes électroniques et logiciels embarqués inclus — l’intelligence artificielle intégrée étant développée en interne. Seuls les moteurs et hélices demeurent d’origine chinoise, une dépendance résiduelle que la société n’a pas encore éliminée mais qui reste circonscrite.

Drone Volt projette une croissance de 40 % et un équilibre opérationnel en 2027

Les perspectives pour les deux prochains exercices reposent sur une dynamique commerciale naissante mais documentée. Le premier trimestre 2026 affiche une progression du chiffre d’affaires de 20 % en glissement annuel, avec un taux de marge brute atteignant 67 %, niveau qui témoigne d’une montée en puissance des activités à forte valeur ajoutée. Les analystes suivant la valeur anticipent des croissances supérieures à 40 % en 2026 et 2027, un résultat opérationnel avant amortissements ramené à l’équilibre cette année et positif l’exercice suivant.

La direction fait état de nouveaux contrats de services, d’une présence commerciale renforcée aux États-Unis via un distributeur spécialisé dans la surveillance et la sécurité, ainsi que de la montée en charge du contrat Hydro-Québec pour l’inspection des lignes électriques et des éoliennes. Ce dernier contrat s’inscrit dans un contexte macroéconomique porteur : l’accélération de l’électrification des usages en Europe et en Amérique du Nord génère des besoins structurels en extension et en maintenance des réseaux de transport d’énergie, terrain sur lequel le LineDrone dispose d’un positionnement différenciant.

Un facteur de vigilance subsiste néanmoins pour les investisseurs : la structure des augmentations de capital réalisées en 2025 et 2026 intègre des actions assorties de bons de souscription. L’exercice de ces bons, probable si les résultats futurs s’avèrent conformes aux projections, ferait passer le nombre total d’actions de 77,5 millions à environ 85,9 millions en base totalement diluée. La dilution potentielle du bénéfice par action demeure donc un paramètre à intégrer dans toute valorisation prospective, même si son ampleur reste contenue au regard des niveaux de croissance envisagés. La société dispose en tout état de cause d’une assise financière assainie pour aborder cette nouvelle phase de développement.

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