Le groupe français Air Liquide a publié des résultats trimestriels légèrement en dessous des attentes, confirmant un ralentissement de la demande dans plusieurs zones clés, malgré une dynamique toujours solide outre-Atlantique.
Une croissance organique insuffisante pour convaincre
Au premier trimestre 2026, Air Liquide enregistre un chiffre d’affaires de 6,79 milliards d’euros, en progression de 3,4 % à périmètre et change constants. Un niveau toutefois inférieur aux attentes du marché, qui anticipait environ 6,83 milliards d’euros.
En données publiées, le chiffre d’affaires recule même de 3,5 %, sous l’effet combiné des taux de change et de la baisse des prix de l’énergie. Une configuration qui illustre la forte sensibilité du modèle du groupe aux variables macroéconomiques.
Cette publication a été sanctionnée en Bourse, l’action reculant nettement à Paris, dans un CAC 40 globalement stable. Un signal négatif pour une valeur habituellement perçue comme défensive.
Des dynamiques géographiques contrastées
L’un des principaux enseignements de ce trimestre réside dans le contraste entre les zones géographiques.
L’Amérique du Nord affiche une croissance robuste, autour de +8 %, tirée notamment par la chimie et le raffinage aux États-Unis. Cette performance confirme le rôle moteur du marché américain dans le portefeuille du groupe.
À l’inverse, la situation est plus préoccupante en Europe et en Asie :
- recul d’environ 3 % en zone EMEA
- baisse de 4 % en Asie
Ces deux zones, historiquement structurantes pour Air Liquide, souffrent d’un ralentissement industriel et d’une demande plus faible dans les grandes industries, cœur d’activité du groupe.
Des perspectives prudentes malgré des signaux positifs
Malgré cette publication en demi-teinte, Air Liquide affiche une certaine confiance pour l’exercice 2026. Le groupe vise notamment :
- une amélioration de sa marge opérationnelle d’environ 100 points de base
- une croissance du résultat net récurrent à taux de change constant
Plusieurs éléments soutiennent cet optimisme :
- un carnet de commandes solide dans l’activité « onsite »
- une meilleure dynamique dans certaines activités hors grandes industries
Cependant, des zones d’incertitude persistent. La perturbation de l’approvisionnement en hélium en provenance du Qatar, bien que limitée à ce stade, constitue un point de vigilance. De même, l’évolution des tensions géopolitiques au Moyen-Orient pourrait indirectement influencer certains marchés énergétiques.
Un tournant stratégique attendu en octobre
Dans ce contexte, les investisseurs attendent désormais des signaux plus structurants. Le groupe a annoncé une journée investisseurs le 1er octobre, qui devrait permettre de clarifier sa stratégie à moyen terme.
Au-delà des résultats trimestriels, l’enjeu pour Air Liquide est clair : démontrer sa capacité à maintenir une croissance durable dans un environnement industriel plus incertain, tout en capitalisant sur les transformations structurelles liées à la transition énergétique et à l’hydrogène.


