Dans un discours prononcé à l’Académie des sciences morales et politiques, Jean-Noël Barrot dresse le tableau d’un monde entré dans une phase de « brutalisation » et de recomposition accélérée. Face au risque d’un duopole sino-américain imposant ses normes et ses dépendances, le ministre défend l’idée qu’une variable peut encore tout changer : l’Europe — à condition qu’elle assume une souveraineté stratégique, et que la France joue pleinement son rôle d’entraînement. La fin de l’illusion post-guerre froide Dès l’ouverture, le ministre inscrit l’actualité dans une dynamique de rupture : « transformation profonde », renversements politiques, répressions, revendications territoriales et montée des logiques de puissance. Son idée centrale est limpide : la force n’a jamais disparu des relations internationales, mais elle a été — un temps — « domestiquée » par le droit, les institutions et la recherche d’un équilibre. Barrot convoque Blaise Pascal pour poser une tension structurante : si...
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