Le conflit au Moyen-Orient commence à produire des effets concrets sur les activités de TotalEnergies. Dans une mise à jour publiée le 13 mars 2026, le groupe confirme que plusieurs sites de production sont désormais arrêtés ou en cours d’arrêt dans la région, avec un impact significatif sur ses volumes extraits. Pour autant, le groupe énergétique souligne que la hausse des prix du pétrole pourrait largement compenser cette baisse de production sur le plan financier.
Une partie importante de la production affectée au Qatar, en Irak et aux Émirats arabes unis
TotalEnergies indique que la production a été stoppée, ou est en cours d’arrêt, au Qatar, en Irak ainsi qu’en offshore aux Émirats arabes unis. Au total, ces interruptions représentent environ 15 % de la production totale du groupe. Il s’agit donc d’un choc opérationnel réel pour la major française, dans une région historiquement stratégique pour son activité amont.
Le groupe précise toutefois que sa production onshore aux Émirats arabes unis n’est pas touchée à ce stade. Cette activité représente environ 210 000 barils par jour pour TotalEnergies. Cette précision permet de nuancer l’ampleur immédiate du choc, même si la situation reste évolutive dans un environnement régional particulièrement instable.
Sur le plan financier, la compagnie rappelle également que les barils produits au Moyen-Orient génèrent un cash-flow inférieur à la moyenne de son portefeuille mondial, en raison d’une fiscalité plus élevée dans cette zone. Ainsi, les 15 % de volumes concernés ne représenteraient qu’environ 10 % du cash-flow amont du groupe. En d’autres termes, l’impact sur les flux de trésorerie serait moins important que ne le laisserait penser la seule baisse des volumes produits.
La hausse du Brent peut compenser la perte de cash-flow
C’est l’un des principaux messages envoyés par TotalEnergies aux marchés : l’effet d’un baril plus cher pourrait compenser rapidement les pertes liées à l’arrêt partiel de la production au Moyen-Orient. Le groupe explique qu’une hausse de 8 dollars par baril du Brent suffirait à neutraliser le cash-flow opérationnel attendu en 2026 sur les actifs touchés, dans l’hypothèse d’un pétrole à 60 dollars le baril.
Cette équation repose notamment sur la structure du portefeuille du groupe. TotalEnergies insiste sur le fait que la croissance de ses “barils accrétifs”, c’est-à-dire les volumes les plus créateurs de valeur, se situe désormais très majoritairement hors du Moyen-Orient en 2026. Cela signifie que la compagnie est aujourd’hui moins dépendante qu’auparavant des développements régionaux pour soutenir sa rentabilité.
Ce positionnement géographique apparaît comme un amortisseur dans un contexte de fortes tensions géopolitiques. Il permet au groupe de mettre en avant une certaine résilience, alors même qu’une partie de ses opérations est directement affectée par les événements en cours.
Raffinage et GNL : des effets pour l’instant contenus
Au-delà de la production pétrolière, TotalEnergies apporte aussi des éléments rassurants sur deux segments clés de son activité. D’une part, la raffinerie Satorp, en Arabie saoudite, continue de fonctionner normalement et d’approvisionner le marché domestique saoudien. À ce stade, aucun arrêt n’est signalé sur cette infrastructure.
D’autre part, l’impact sur les activités de trading de GNL reste présenté comme limité. Le groupe évoque environ 2 millions de tonnes prévues en 2026 liées au Qatar, tout en rappelant que l’essentiel du gaz naturel liquéfié qatari est commercialisé par QatarEnergy. Là encore, TotalEnergies cherche à montrer que ses expositions les plus sensibles demeurent maîtrisées, malgré un contexte régional très dégradé.
Cette communication vise clairement à rassurer sur la solidité du modèle du groupe. Si le conflit pèse déjà sur la production, TotalEnergies considère pour l’instant que son équilibre financier global n’est pas remis en cause. La compagnie affirme enfin suivre de très près l’évolution de la situation sur le terrain et se dit prête à informer le marché en cas de changement significatif.
