SPIE : Clauser, spécialiste de l’aluminium, passe à 94 % sous son pavillon

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SPIE annonce lundi 5 octobre l’acquisition de 94 % du capital de Clauser, entreprise familiale de maintenance industrielle et d’installations électriques de forte puissance. Un ticket modeste, dont le prix n’est pas communiqué, pour un client très spécifique.

Le groupe de services multitechniques SPIE SA a annoncé, lundi 5 octobre depuis Cergy, la prise de contrôle de Clauser, selon un communiqué publié le jour même. La société, fondée en 1963, emploie environ 100 collaborateurs et a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 22 millions d’euros en 2025. Elle est installée à Saint-Jean-de-Maurienne et à Dunkerque.

Clauser, 22 millions d’euros de chiffre d’affaires et un métier de niche

Clauser intervient en maintenance industrielle et en installations électriques à haute intensité, avec une spécialité : les procédés de production et de traitement de l’aluminium, ainsi que les procédés électrochimiques. Le communiqué ne précise ni le prix de la transaction, ni le calendrier de finalisation, ni d’éventuelles conditions suspensives. Les 6 % restants du capital ne sont pas évoqués.

L’opération sera rattachée à SPIE Industrie, l’entité du groupe dédiée aux clients de l’industrie en France. Elle doit renforcer ses capacités auprès des clients dits « électro-intensifs », ceux dont l’activité repose sur de très fortes consommations d’électricité.

Frédéric Toussaint (SPIE Industrie) : « un atout majeur » pour l’électrification

Frédéric Toussaint, directeur général de SPIE Industrie (France), se félicite de l’arrivée de la nouvelle équipe : « Nous sommes heureux d’accueillir les équipes de CLAUSER au sein de SPIE. Leur expertise reconnue dans les procédés liés à la production et au traitement de l’aluminium constitue un atout majeur pour accompagner l’électrification et la décarbonation des sites industriels français. »

Du côté de l’actionnaire familial cédant, le ton est celui de la continuité. La famille Clauser affirme dans le communiqué : « Nous sommes fiers du chemin parcouru et voyons dans ce rapprochement avec SPIE une nouvelle étape structurante pour poursuivre le développement de l’entreprise, au service de ses clients industriels. »

Dunkerque, 450 mégawatts : le terrain des électro-intensifs

L’implantation de Clauser à Dunkerque renvoie à un site emblématique de la filière. Selon l’AFP, reprise par Connaissance des énergies, EDF a signé en juillet 2025 un contrat de 10 ans avec Aluminium Dunkerque, première usine consommatrice d’électricité du pays, pour une puissance appelée de 450 mégawatts, soit l’équivalent de la moitié d’un réacteur nucléaire. Le contrat, qui prend effet au 1er janvier 2026, succède à l’Arenh, qui plafonnait le prix de vente de l’électricité nucléaire à 42 euros le mégawattheure et a pris fin le 31 décembre 2025.

Le communiqué de SPIE ne cite aucun client de Clauser. Le rapprochement entre les deux informations reste donc celui du contexte : la maintenance des installations électriques de ces sites constitue précisément le coeur du métier de la cible.

Plus de 160 sociétés absorbées depuis 2006 chez SPIE

Pour SPIE, l’opération s’inscrit dans une méthode éprouvée. Selon Zonebourse, dans un article du 29 juin 2026, le groupe a absorbé plus de 160 sociétés depuis 2006, soit environ une acquisition toutes les six semaines sur vingt ans. Le même article indique que le groupe a réalisé 10,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, avec une marge d’EBITA de 7,6 %, et que Markus Holzke a succédé à Gauthier Louette à la direction générale le 30 avril 2026.

Dans son communiqué, SPIE se présente comme le leader européen indépendant des services multitechniques, avec 55 000 collaborateurs et un chiffre d’affaires de 9,9 milliards d’euros en 2024. Clauser pèse donc environ 0,2 % de ce dernier chiffre, ordre de grandeur d’une opération de bolt-on, ces petites acquisitions qui complètent un portefeuille d’expertises.

France à -1,9 % au deuxième trimestre : la croissance externe en renfort

Le contexte français est moins porteur que l’allemand. D’après Option Finance, qui rapporte l’analyse de Jefferies le 30 juillet 2026, la croissance organique de SPIE en France est repassée en territoire négatif au deuxième trimestre, à -1,9 %, contre +0,6 % au premier. Elle a été compensée par l’Allemagne, qui a accéléré à 7,3 %. Sur le semestre, le groupe affiche un EBITA de 321 millions d’euros, soit une marge de 6,2 %, pour un chiffre d’affaires de 5 156,6 millions d’euros, selon la même source.

Les petites acquisitions industrielles en France, comme celle de Clauser, offrent un relais de croissance externe sur un marché où le dynamisme interne s’est essoufflé. Le titre avait reculé de 5 % le jour de la publication des résultats, selon Option Finance.

Quant au prix de Clauser, SPIE n’en dit rien.

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