L’alliance technologique Software République, fondée il y a cinq ans par Renault, Atos, Dassault Systèmes, JCDecaux, STMicroelectronics et Thales, lance cleveR insights, une solution de collecte et d’analyse de données territoriales destinée aux collectivités locales françaises et européennes.
La Software République déploie une nouvelle brique d’intelligence territoriale
Renault annonce sa participation au développement de cleveR insights, un dispositif conçu au sein de la Software République pour doter les collectivités locales d’un outil d’aide à la décision fondé sur l’exploitation en temps réel des données de territoire. Cette initiative s’inscrit dans la continuité stratégique d’une alliance industrielle inédite, réunissant six acteurs majeurs de l’industrie, de la technologie et des services, constituée dans le but explicite de développer des solutions numériques souveraines à l’échelle européenne.
La Software République représente l’un des rares écosystèmes d’innovation franco-européens capables d’aligner, sur un projet commun, des compétences aussi diverses que la mobilité connectée, l’aéronautique, la microélectronique, la gestion de l’espace public et les systèmes d’information. Son positionnement sur la donnée territoriale marque une extension significative de son périmètre d’action, au-delà des seuls usages automobiles qui avaient initialement structuré sa feuille de route.
cleveR insights se présente comme une architecture ouverte, sécurisée et évolutive, conçue pour agréger des flux de données hétérogènes issus de capteurs fixes, temporaires ou mobiles, de mobilier urbain connecté, d’observations de terrain, de données environnementales, de sources satellitaires et de contributions citoyennes. L’ensemble de ces informations converge vers un centre d’hypervision chargé de les analyser en continu, de hiérarchiser les priorités selon l’urgence et de déclencher les interventions appropriées auprès des services compétents.
Un jumeau numérique du territoire pour simuler et anticiper
Au-delà de la gestion opérationnelle quotidienne, cleveR insights intègre une dimension prospective reposant sur la constitution de jumeaux virtuels du territoire. Ces répliques numériques permettent aux élus et techniciens territoriaux de simuler différents scénarios d’aménagement urbain et d’évaluer, avec une précision scientifique revendiquée, leurs impacts environnementaux et sociétaux avant toute décision d’investissement ou de transformation.
Cette capacité de modélisation représente un atout considérable pour les collectivités confrontées à des arbitrages complexes : densification urbaine, adaptation au changement climatique, mobilité durable, gestion des flux ou encore planification énergétique. En offrant une vision partagée, cohérente et actualisée du territoire, la solution vise à fluidifier la coordination entre les différents acteurs institutionnels, techniques et citoyens impliqués dans la gouvernance locale.
L’apport de l’intelligence artificielle constitue le fil conducteur de l’ensemble du dispositif. Intégrée à chaque strate de la chaîne de traitement, elle permet non seulement d’automatiser l’analyse de volumes de données massifs, mais aussi de produire des lectures contextualisées accessibles à des interlocuteurs aux profils très différents, des ingénieurs territoriaux aux responsables politiques, sans exiger de compétences techniques spécialisées.
Un enjeu de souveraineté numérique pour les territoires européens
L’émergence de cleveR insights s’inscrit dans un contexte plus large de compétition internationale autour de la maîtrise des infrastructures numériques urbaines. Plusieurs grandes métropoles européennes ont, ces dernières années, expérimenté des solutions de ville intelligente développées par des acteurs extra-européens, soulevant des interrogations légitimes quant à la localisation des données, leur sécurité et les conditions dans lesquelles elles peuvent être exploitées ou cédées à des tiers.
La proposition portée par la Software République répond précisément à cette préoccupation en plaçant la souveraineté technologique au cœur de son architecture. L’ouverture du système, son évolutivité et le caractère sécurisé de son infrastructure visent à garantir aux collectivités une maîtrise effective de leurs données, sans dépendance envers des opérateurs extérieurs au périmètre réglementaire européen.
Pour Renault, dont la stratégie de transformation repose désormais largement sur le logiciel et les services connectés, l’implication dans cleveR insights signale une diversification de ses débouchés au-delà de la mobilité individuelle. Le constructeur, qui dispose d’une expérience opérationnelle dans la collecte de données issues de flottes de véhicules circulant en milieu urbain, apporte à l’alliance une expertise concrète sur les données de mobilité en conditions réelles, complément naturel aux données statiques issues des capteurs fixes.
cleveR insights face aux exigences des décideurs locaux
La valeur opérationnelle de la solution sera en définitive évaluée à l’aune de sa capacité à s’intégrer dans les systèmes d’information existants des collectivités, souvent fragmentés et hérités de décennies de stratifications technologiques successives. L’architecture ouverte mise en avant par la Software République constitue sur ce point un argument commercial décisif, dans la mesure où elle réduit les risques de rupture avec les outils déjà déployés par les services techniques municipaux ou intercommunaux.
La question du modèle économique reste également centrale pour les collectivités, dont les budgets d’investissement numérique demeurent sous tension dans un contexte de contrainte financière persistante sur les finances locales françaises. La capacité de la Software République à proposer un accès modulable à la solution, adapté aux tailles et aux moyens très variables des territoires, conditionnera largement son adoption à grande échelle.
Cinq ans après sa fondation, la Software République franchit ainsi une étape structurante en portant son savoir-faire technologique sur le terrain de la gestion publique territoriale, marché à fort potentiel en France comme dans l’ensemble de l’Union européenne, où la transition numérique des collectivités demeure une priorité affichée des politiques de cohésion et de modernisation administrative.


