Sirius Media lance une série premium signée Victoria Bedos

Image d'illustration

Table des matières

Le groupe audiovisuel coté Sirius Media a annoncé, le 11 juin 2026 à Paris, le développement d’une nouvelle série télévisée originale en six épisodes, confiée à la scénariste Victoria Bedos, avec une commercialisation ciblée auprès des grands diffuseurs français et internationaux à l’horizon 2027.

Une série premium française adossée à un talent reconnu

Sirius Media, groupe de production audiovisuelle coté sur Euronext Growth Paris, a engagé le 11 juin 2026 le développement d’une saga familiale inédite intitulée « La vie de ma mère », composée de six épisodes d’une durée unitaire de cinquante-deux minutes. L’écriture est confiée à Victoria Bedos, scénariste dont les travaux antérieurs ont bénéficié d’une reconnaissance institutionnelle notable, notamment une nomination au César du meilleur scénario original en 2015 pour « La Famille Bélier ». La scénariste a depuis poursuivi sa trajectoire avec d’autres projets cinématographiques, dont un premier long métrage en tant que réalisatrice.

Pour Sirius Media, ce choix éditorial s’inscrit dans une logique de valorisation par le haut de la chaîne créative. Le groupe fait le pari que la qualité d’écriture constitue le premier levier de commercialisation auprès des diffuseurs et des plateformes, en France comme à l’étranger. Dans un marché audiovisuel européen où la concurrence pour l’acquisition de contenus originaux s’est considérablement intensifiée sous l’effet du développement des plateformes de streaming, la capacité à présenter des projets portés par des auteurs identifiés représente un atout différenciant dans les négociations avec les acheteurs.

La phase de développement, qui couvre l’écriture et la structuration des six épisodes, est estimée à douze mois. Le début de la commercialisation est envisagé pour 2027. Des contacts ont d’ores et déjà été engagés avec plusieurs diffuseurs et plateformes, sans que des accords formels aient encore été annoncés à ce stade. Le groupe s’est engagé à communiquer lors de toute avancée significative, notamment à la signature d’un accord de diffusion.

Un pipeline de série premium qui structure la stratégie du groupe

Ce nouveau projet ne constitue pas une initiative isolée mais s’intègre dans un pipeline de production que Sirius Media s’emploie à densifier depuis plusieurs exercices. Le groupe dispose déjà d’un catalogue de plus de six cents heures de contenus et collabore avec des diffuseurs majeurs tels que Canal+ Groupe, TF1, France Télévisions, M6, Orange, TV5 Monde et Netflix.

Parmi les projets en cours d’exécution figure un documentaire musical en six épisodes de vingt-six minutes consacré à l’histoire du rap, produit dans le cadre d’un partenariat avec Trace TV, dont la chaîne Trace Urban est diffusée dans soixante pays. Le groupe développe également un long métrage d’animation dont la bande-annonce, intégralement générée par intelligence artificielle avec un rendu photoréaliste, a été présentée comme une démonstration de ses capacités technologiques dans l’environnement post-IA. Des accords de distribution ont par ailleurs été conclus sur deux séries existantes du catalogue, « Zoé et Milo » et « L’Amour presque parfait », selon des informations publiées en mars 2026.

Cette architecture de projets reflète une stratégie délibérément articulée autour de la constitution d’un portefeuille de propriétés intellectuelles exploitables dans la durée, selon un modèle qui distingue les sociétés de production pérennes des simples prestataires de service. Pour un groupe de la taille de Sirius Media, l’enjeu est de démontrer aux investisseurs la capacité à transformer des actifs créatifs en flux de revenus récurrents, via des ventes de droits, des renouvellements de saisons et des cessions à l’international.

Enjeux économiques pour la création audiovisuelle française

L’annonce intervient dans un contexte structurel favorable à la production indépendante française. Les obligations réglementaires d’investissement dans la création imposées aux plateformes actives sur le territoire européen — issues notamment de la directive européenne sur les services de médias audiovisuels — continuent d’alimenter la demande en contenus originaux produits localement. Cette mécanique réglementaire bénéficie mécaniquement aux producteurs indépendants capables de proposer des projets à forte valeur artistique et commerciale.

La souveraineté culturelle, régulièrement invoquée dans les débats de politique publique française et européenne, trouve dans ce type d’initiative une traduction économique concrète : il s’agit de maintenir une capacité nationale à produire des récits, à en détenir les droits et à les commercialiser à l’échelle mondiale, sans dépendance exclusive aux catalogues des majors américaines. Sirius Media, par sa cotation sur Euronext Growth Paris et son éligibilité au PEA-PME, incarne une forme de financement participatif de cette ambition, permettant à des investisseurs particuliers de prendre part au développement de la filière audiovisuelle française.

Les résultats concrets de cette stratégie seront mesurables à l’aune des accords de diffusion obtenus pour « La vie de ma mère » et des conditions financières qui les accompagneront. Le groupe a prévu de présenter un bilan de son avancement lors d’un webinaire destiné aux actionnaires et investisseurs, organisé le 17 juin 2026.

Et si vous receviez notre newsletter mensuelle ?

    Plus d'articles