Jean-François Daville, entrepreneur lorrain du secteur du bâtiment, porte un projet ambitieux : la réouverture de la mine de fer de Jarny, fermée depuis les années 1980. Cette initiative, unique en France, vise à réduire la dépendance du pays aux importations de minerai de fer tout en créant des emplois et en s’inscrivant dans une démarche écologique et circulaire. Alors que la France importe actuellement 100 % de son minerai de fer, principalement depuis l’Australie, le Brésil ou l’Inde, ce projet pourrait marquer un tournant dans la relocalisation de l’industrie minière et sidérurgique nationale.
Un enjeu stratégique pour l’industrie et l’emploi
Avec une production cible de 2 millions de tonnes de minerai par an, la mine de Jarny pourrait couvrir une partie des besoins français, estimés à 12,5 millions de tonnes annuelles. Le gisement, dont les réserves sont évaluées à 300 millions de tonnes, représente un potentiel économique et industriel majeur pour la région. Le projet prévoit la création de 100 à 200 emplois directs et jusqu’à 1 000 emplois indirects, redynamisant ainsi un bassin historique de la sidérurgie française.
Jean-François Daville souligne l’importance de cette relance : « Ce projet s’inscrit dans une démarche de relocalisation industrielle et de renforcement de notre souveraineté minière. Il répond aux besoins croissants de l’industrie française tout en créant des emplois durables sur notre territoire. » La mine de Jarny pourrait devenir un symbole de la réindustrialisation des territoires, tout en s’appuyant sur des technologies modernes pour une extraction souterraine propre et automatisée.
Une approche écologique et innovante
Contrairement aux méthodes traditionnelles, la future mine de Jarny se veut circulaire et climato-positive. Le projet intègre des techniques permettant de piéger durablement du CO₂ dans les roches remblayées, transformant ainsi une activité historiquement polluante en une solution active pour le climat. « Notre ambition est de bâtir la première mine circulaire et climato-positive de France, qui stocke du carbone au lieu d’en émettre », explique Jean-François Daville.
Cette approche s’aligne sur les priorités européennes et nationales en matière de :
- Souveraineté minérale
- Décarbonation des filières industrielles
- Transition énergétique
- Gestion durable des déchets inertes
Un soutien politique croissant
Le projet a déjà retenu l’attention des pouvoirs publics. Après des échanges positifs avec la préfecture de Meurthe-et-Moselle et le chef de cabinet du Président de la République, Jean-François Daville sera reçu par François Rebsamen, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, le 13 août 2025. L’investissement initial, estimé à 700 millions d’euros, suscite également l’intérêt d’acteurs privés comme ArcelorMittal, soulignant l’enjeu stratégique de cette relance minière.
Une conférence publique, organisée le 26 juillet 2025 à Jarny, permettra de présenter les détails du projet et les résultats de la pré-étude, dans le cadre d’un débat citoyen. L’objectif est de mobiliser les parties prenantes locales et nationales autour de cette initiative, qui pourrait servir de modèle pour d’autres anciens bassins miniers en France.
Vers une nouvelle ère pour l’industrie minière française
La réouverture de la mine de Jarny s’inscrit dans une vision long terme, combinant innovation technologique, respect de l’environnement et création de valeur locale. Si le projet aboutit, il pourrait non seulement réduire l’empreinte carbone du secteur sidérurgique, mais aussi renforcer la résilience industrielle de la France face aux tensions géopolitiques et aux défis climatiques.
Ce projet illustre une volonté de concilier héritage industriel et transition écologique, tout en répondant aux impératifs de souveraineté et de compétitivité. Son succès dépendra désormais de la mobilisation des financements, du soutien des autorités et de l’adhésion des acteurs locaux.


