Le groupe français de vins et spiritueux poursuit une année 2025/2026 marquée par des turbulences, mais montre des signes de stabilisation au troisième trimestre. Derrière des chiffres contrastés, la trajectoire du groupe révèle un environnement mondial toujours fragile, entre ralentissement de la consommation et effets de change défavorables.
Une croissance organique quasi stable au troisième trimestre
Au troisième trimestre, Pernod Ricard affiche un chiffre d’affaires en légère progression organique de +0,1 %. Une performance modeste, mais qui traduit une amélioration par rapport aux trimestres précédents dans un contexte qualifié de volatil par le groupe.
En revanche, en données publiées, la baisse reste marquée (-14,6 %), pénalisée notamment par des effets de change défavorables et des éléments de périmètre. Cette divergence entre données organiques et publiées illustre les difficultés rencontrées par les multinationales exposées aux fluctuations monétaires.
Sur les neuf premiers mois de l’exercice, la tendance reste négative, avec un recul de -4,4 % en organique (-14,8 % en publié), confirmant que le redressement reste progressif.
Une année de transition sous pression
Les résultats semestriels avaient déjà donné le ton : un chiffre d’affaires en baisse de -5,9 % en organique et un résultat opérationnel courant en repli de -7,5 %. Le groupe assume une « année de transition », marquée par une adaptation à un environnement de consommation moins dynamique.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
- Un ralentissement de la demande sur certains marchés clés
- Une normalisation post-Covid des habitudes de consommation
- Des tensions géopolitiques et économiques pesant sur le pouvoir d’achat
Dans ce contexte, le groupe mise sur l’agilité opérationnelle et une discipline accrue pour préserver ses marges.
Des perspectives sous surveillance
Malgré ces difficultés, Pernod Ricard cherche à rassurer les investisseurs en mettant en avant une dynamique d’amélioration progressive. Le maintien d’une croissance organique positive au troisième trimestre constitue un signal encourageant, même s’il reste fragile.
Par ailleurs, le groupe a confirmé être en discussions avec Brown-Forman, laissant entrevoir d’éventuelles évolutions stratégiques dans un secteur en pleine recomposition.
Un secteur confronté à des mutations profondes
Au-delà du cas de Pernod Ricard, c’est l’ensemble de l’industrie des spiritueux qui traverse une phase d’ajustement. Entre évolution des comportements de consommation, montée des préoccupations sanitaires et contraintes réglementaires, les acteurs du secteur doivent repenser leur modèle de croissance.
Dans ce contexte, la capacité du groupe à maintenir une stabilité organique, même marginale, témoigne d’une certaine résilience. Reste à savoir si cette tendance pourra se confirmer dans les prochains trimestres, dans un environnement qui demeure particulièrement incertain.


