La France a vivement réagi à l’adoption par le Parlement israélien d’une loi élargissant le recours à la peine de mort. Interrogé au Sénat, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a exprimé une position ferme, dénonçant un texte « consternant » et contraire aux principes fondamentaux du droit international.
Une loi adoptée dans un contexte de tensions extrêmes
Le vote de la Knesset, acquis par 62 voix contre 48, intervient dans un climat marqué par les conséquences du conflit déclenché après les attaques du 7 octobre 2023. Le gouvernement israélien justifie cette évolution législative par la nécessité de répondre à la menace terroriste.
Pour autant, Paris alerte sur les implications profondes de ce texte. Selon le chef de la diplomatie française, cette loi élargit significativement le champ d’application de la peine capitale, tout en ciblant spécifiquement les Palestiniens. Une orientation jugée incompatible avec les principes d’égalité et de dignité humaine.
Une condamnation au nom des valeurs universalistes
Dans son intervention, Jean-Noël Barrot a insisté sur la relation particulière entre la France et Israël, évoquant un « peuple ami » et rappelant les fondements humanistes historiquement associés à l’État hébreu. Une référence appuyée à Golda Meir a permis de souligner les contradictions entre cette tradition morale et l’adoption d’une telle mesure.
Pour la diplomatie française, la lutte contre le terrorisme ne saurait justifier des dispositifs jugés discriminatoires. Le ministre a ainsi rappelé que ni la sécurité ni la paix ne peuvent être construites sur « l’injustice et les discriminations », appelant implicitement à une réponse respectueuse du droit international et des droits fondamentaux.
La Cour suprême israélienne désormais en première ligne
La mise en œuvre de cette loi dépend désormais de l’examen de sa conformité par la Cour suprême israélienne. Cette étape juridique sera déterminante pour évaluer sa compatibilité avec les principes constitutionnels du pays.
Dans ce contexte, la France entend maintenir une ligne constante en matière de lutte contre la peine capitale. Fidèle à l’héritage de Robert Badinter, elle réaffirme son engagement en faveur de son abolition universelle.
Paris accueillera d’ailleurs prochainement le neuvième Congrès mondial contre la peine de mort, confirmant sa volonté de porter ce combat sur la scène internationale, y compris dans des contextes géopolitiques particulièrement sensibles.


