Hydrogène décarboné : l’État lance le premier appel d’offres structurant pour 1 GW de capacité de production

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L’État français franchit une étape clé dans le déploiement de la filière hydrogène décarboné avec la publication du cahier des charges du tout premier appel d’offres dédié à la production d’hydrogène par électrolyse. Piloté par la Direction générale de l’énergie et du climat et opéré pour le compte de l’État par l’ADEME, ce dispositif vise à faire émerger, à terme, près de 1 GW de capacités de production sur le territoire national. Une ambition industrielle majeure, au cœur de la stratégie de décarbonation de l’économie française.

Un levier central de la Stratégie nationale hydrogène

Actualisée en avril 2025, la Stratégie nationale hydrogène a confirmé le rôle central de l’hydrogène bas carbone dans la transformation des grands secteurs industriels. La production d’hydrogène par électrolyse apparaît aujourd’hui comme une technologie clé pour réduire les émissions de CO₂ dans des filières difficiles à décarboner, telles que la sidérurgie, la chimie ou encore la production d’engrais. Elle constitue également un maillon essentiel pour la synthèse de carburants durables, notamment dans le transport aérien.

Le lancement de cet appel d’offres s’inscrit pleinement dans ces orientations. Il vise à soutenir, sur une période de quinze ans, la montée en puissance d’une production d’hydrogène décarboné destinée à l’industrie, hors usages liés au raffinage. L’objectif est clair : rendre l’hydrogène bas carbone compétitif face à l’hydrogène issu des énergies fossiles, en accompagnant financièrement les volumes effectivement produits.

Un dispositif construit en dialogue avec les industriels

Ce premier appel d’offres est le fruit d’un travail de fond engagé dès la fin de l’année 2024. À l’issue d’une phase de sélection initiale, dix candidats ont été présélectionnés pour participer à un dialogue concurrentiel avec les pouvoirs publics. Cette phase d’échanges approfondis a permis d’ajuster le cahier des charges aux réalités du marché, aux contraintes technologiques et aux équilibres économiques propres aux projets industriels de grande ampleur.

Les projets portés par les candidats ciblent prioritairement des débouchés industriels structurants, avec des applications directes dans la décarbonation des procédés lourds. Ce dialogue a également permis de préciser les modalités de soutien public, afin d’assurer une visibilité de long terme aux porteurs de projets tout en garantissant une utilisation efficace des fonds publics.

Un cadre validé par les autorités de régulation

Le projet de cahier des charges a été approuvé par la Commission de régulation de l’énergie, étape indispensable pour sécuriser juridiquement et économiquement le dispositif. Cette validation marque la solidité du cadre retenu et conforte la crédibilité de l’appel d’offres auprès des acteurs industriels et financiers.

Les candidats présélectionnés sont désormais invités à déposer leurs offres définitives avant le 27 février 2026. Cette échéance ouvrira la voie à la sélection des premiers projets soutenus par l’État, appelés à structurer durablement la filière hydrogène décarboné en France.

Une impulsion industrielle et souveraine

Au-delà des volumes annoncés, cet appel d’offres constitue un signal fort envoyé aux industriels : la France entend se positionner comme un acteur majeur de l’hydrogène bas carbone en Europe. En soutenant la production nationale par électrolyse, l’État cherche à renforcer la souveraineté énergétique et industrielle du pays, tout en accélérant la transition vers une économie décarbonée.

À l’heure où la compétitivité industrielle et la sécurité énergétique s’imposent comme des enjeux stratégiques, ce premier appel d’offres marque le début d’une nouvelle phase pour l’hydrogène décarboné français, appelée à jouer un rôle croissant dans le mix industriel et énergétique des prochaines décennies.

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