Génération Z : entre ambition et désorientation, Randstad alerte sur un début de carrière fragilisé par l’IA

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La dernière étude mondiale du groupe Randstad, menée auprès de plus de 11 000 jeunes actifs, dresse un portrait nuancé de la génération Z. Ambitieuse, en quête de sens mais souvent désorientée, elle peine à s’insérer durablement sur un marché du travail bouleversé par l’intelligence artificielle et la raréfaction des postes juniors.

L’intelligence artificielle bouscule les débuts de carrière

Selon Randstad, les offres d’emploi destinées aux débutants ont chuté de 29 points depuis janvier 2024. Une tendance lourde, particulièrement visible dans la tech et la finance, deux secteurs phares pour les jeunes diplômés. Dans la technologie, les postes juniors ont reculé de 35 points, tandis que la finance enregistre une baisse de 24 points. À l’inverse, la santé apparaît comme l’un des rares domaines à offrir davantage d’opportunités, avec une progression de 13 % des offres pour débutants.

Cette contraction du marché s’accompagne d’un paradoxe : la génération Z s’enthousiasme pour l’IA tout en redoutant son impact. En France, 55 % des jeunes actifs se disent favorables à son intégration dans les entreprises, mais 52 % craignent qu’elle ne menace leur emploi. Une ambivalence qui illustre la complexité du rapport entre innovation technologique et stabilité professionnelle.

Des jeunes travailleurs en quête de sens et de reconnaissance

La génération Z aspire à des carrières cohérentes avec ses valeurs, mais la pression économique la pousse souvent à des compromis. Près de 56 % des jeunes Français accepteraient un emploi qui ne correspond pas à leurs convictions si le salaire et les avantages sont attractifs. Une réalité révélatrice des tensions entre idéaux et contraintes financières.

Autre constat frappant : la durée moyenne en poste ne dépasse pas 1,1 an pour les travailleurs de moins de 28 ans, contre 1,8 an pour les Millennials et près de 3 ans pour la génération X. Une mobilité qui traduit autant un désir de progression qu’une déception face au manque de perspectives. En France, 52 % des jeunes cherchent activement un nouvel emploi, et seulement 7 % envisagent de rester durablement dans la même entreprise.

Pour Benoît Labrousse, président du groupe Randstad France, « ce n’est pas un désengagement vis-à-vis de l’entreprise, mais le signal clair que le marché ne répond pas à leur désir d’évolution rapide ». Il appelle les employeurs à « repenser les débuts de carrière, bâtir la confiance et créer des parcours professionnels inspirants ».

Repenser la fidélisation à l’heure des “side hustles”

Face à la précarité et à la stagnation salariale, la génération Z invente ses propres solutions. Près d’un quart des jeunes actifs français (26 %) expriment le souhait de cumuler leur emploi principal avec une activité secondaire. Quête de sens, flexibilité ou besoin financier : cette diversification témoigne d’une volonté de reprendre la main sur sa trajectoire.

Mais cette énergie entrepreneuriale ne doit pas masquer une fragilité persistante. Près de la moitié (44 %) des jeunes travailleurs déclarent manquer de confiance pour entamer une recherche d’emploi. Une donnée qui interroge sur la capacité des entreprises à accompagner cette génération dans ses premiers pas professionnels.

À mesure que les Millennials accèdent à des postes de direction, la génération Z sera appelée à prendre le relais dans le management intermédiaire. Randstad invite donc les organisations à investir dès maintenant dans des parcours de formation clairs, à moderniser leurs dispositifs d’apprentissage et à bâtir une culture de la confiance, condition essentielle pour transformer l’instabilité actuelle en loyauté durable.

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