France – Union africaine : un dialogue stratégique pour peser sur la gouvernance mondiale

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Le 13 avril 2026, à Paris, Jean-Noël Barrot et Mahmoud Ali Youssouf ont tenu la troisième session du dialogue stratégique entre la France et la Commission de l’Union africaine. Une rencontre à forte portée politique, dans un contexte international marqué par des tensions croissantes et une remise en cause des équilibres multilatéraux.

Une réforme du multilatéralisme au cœur des échanges

Face aux déséquilibres persistants de la gouvernance mondiale, les deux parties ont affiché une convergence claire : renforcer un ordre international fondé sur le droit et accélérer la réforme des institutions globales.

En ligne de mire, la transformation du Conseil de sécurité des Nations unies, jugée urgente. La France et l’Union africaine soutiennent une évolution visant à améliorer sa représentativité, notamment au bénéfice du continent africain. Cette position s’inscrit dans la continuité du Consensus d’Ezulwini et de la Déclaration de Syrte.

Au-delà de l’ONU, les discussions ont également porté sur la place de l’Afrique dans les instances comme le G20 et le G7, où Paris entend jouer un rôle de relais.

Financement, industrialisation et transition : les priorités africaines

Autre axe majeur : la réforme de l’architecture financière internationale. L’objectif est de faciliter l’accès aux financements pour les pays africains, tout en traitant la question de la dette et en soutenant les dynamiques d’industrialisation.

La France s’inscrit ici dans une logique d’accompagnement du développement du continent, en cohérence avec l’Agenda 2063 et les initiatives internationales comme le Pacte pour la Prospérité, les Peuples et la Planète.

Les enjeux climatiques et sanitaires ont également été au centre des discussions, notamment la question de l’accès à l’eau et à l’assainissement, thème prioritaire de l’année 2026 pour l’Union africaine.

Crises régionales : des préoccupations sécuritaires persistantes

Le dialogue a aussi permis d’aborder plusieurs foyers de tension sur le continent africain. Concernant le Soudan, les deux parties ont appelé à une trêve humanitaire immédiate et réaffirmé leur attachement à l’intégrité territoriale du pays.

Dans la région des Grands Lacs africains, la priorité reste une solution politique respectant la souveraineté de la République démocratique du Congo. La reprise des liaisons aériennes à Goma est identifiée comme un enjeu humanitaire clé.

La situation en Somalie, liée notamment à la sécurité en mer Rouge, ainsi que la montée du terrorisme au Sahel, ont également suscité de fortes préoccupations, appelant à des réponses globales mêlant sécurité, développement et gouvernance.

Vers un partenariat renforcé et opérationnel entre la France et l’UA

Ce dialogue stratégique s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération. Le prochain rendez-vous structurant sera le sommet Africa Forward, prévu les 11 et 12 mai à Nairobi, qui doit permettre de traduire ces orientations en actions concrètes.

Enfin, la France a réaffirmé son soutien à des projets structurants comme la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), pilier de l’intégration économique du continent.

À travers ce dialogue, Paris et l’Union africaine cherchent à consolider un partenariat stratégique fondé sur des intérêts partagés, dans un monde en recomposition où la voix de l’Afrique est appelée à jouer un rôle croissant.

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