Fermes En ViE : quand l’épargne citoyenne nourrit la souveraineté alimentaire française

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À Bordeaux, la foncière solidaire Fermes En ViE (FEVE) continue de démontrer qu’une finance engagée peut transformer durablement l’agriculture. En mobilisant près de 40 millions d’euros d’épargne citoyenne, l’entreprise a déjà permis de préserver 2 533 hectares de terres agricoles et de nourrir chaque année 19 504 Français, soit l’équivalent d’une ville comme Cahors, Albertville ou Cognac.

Un modèle d’investissement responsable au service du monde agricole

Créée en 2021, FEVE s’est donnée pour mission de faciliter l’accès à l’investissement citoyen dans le secteur agricole, tout en favorisant la transition écologique des exploitations. Face au vieillissement de la profession — près de la moitié des agriculteurs partiront à la retraite d’ici dix ans — la société rachète des fermes grâce à l’épargne des particuliers et les met à disposition de jeunes exploitants via un bail avec option d’achat. Ces derniers s’engagent à respecter une charte agroécologique exigeante, garantissant une production respectueuse de l’environnement et des sols.

À ce jour, 2 782 investisseurs ont rejoint l’aventure, contribuant à sauver 40 fermes agroécologiques réparties dans 23 départements et 8 régions françaises. En moyenne, chaque épargnant permet de préserver 7 000 m² de terres cultivables — de quoi nourrir six personnes par an en alimentation végétale.
Au-delà de la performance environnementale, FEVE s’impose comme un acteur concret de la souveraineté alimentaire : 70 % des productions issues de ces fermes sont vendues localement, soutenant ainsi les circuits courts et les filières régionales.

L’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine en tête des régions engagées

L’engagement citoyen pour une agriculture durable s’exprime dans toutes les régions, mais certaines se distinguent par leur mobilisation.
En tête, l’Occitanie confirme son statut de première région agricole et bio de France avec 3,59 millions d’euros investis dans FEVE. Ces fonds représentent 350 hectares de terres converties à l’agroécologie, capables de nourrir chaque année 2 697 Français.

L’Auvergne-Rhône-Alpes suit avec 3,15 millions d’euros investis, équivalant à 316 hectares de terres préservées et 2 431 personnes nourries par an.
Quant à la Nouvelle-Aquitaine, berceau de FEVE, elle mobilise 2,22 millions d’euros d’épargne citoyenne, sauvant 222 hectares de terres et permettant de nourrir 1 711 personnes chaque année.

Enfin, les Hauts-de-France confirment leur poids agricole avec 1,87 million d’euros placés dans la foncière solidaire, soit 188 hectares protégés et 1 441 Français nourris durablement.

Une réponse citoyenne à la crise agricole et écologique

Dans un contexte d’incertitude économique et géopolitique, où la dépendance alimentaire et la spéculation foncière fragilisent les territoires ruraux, FEVE illustre une voie alternative : celle d’une épargne qui a du sens.
Loin des produits financiers volatils, cet investissement participatif permet aux citoyens de devenir acteurs d’un projet collectif : préserver les terres agricoles, soutenir les jeunes agriculteurs et renforcer la résilience alimentaire du pays.

Vers une nouvelle souveraineté portée par la finance solidaire

Ce modèle s’inscrit dans une tendance plus large : celle de la réappropriation citoyenne de l’économie réelle. Alors que les marchés financiers mondiaux restent dominés par des logiques spéculatives, la finance solidaire trace un autre horizon, fondé sur la valeur d’usage plutôt que sur la rentabilité immédiate.
L’essor d’initiatives comme FEVE traduit une volonté de réenraciner la finance dans le territoire, de reconnecter l’investissement à la production concrète, à la terre et à la sécurité alimentaire.

En redonnant du pouvoir économique aux citoyens, ces dispositifs participent à reconstruire une souveraineté agricole et financière française, fondée sur la durabilité, la proximité et la justice sociale.
Une souveraineté qui ne se décrète pas dans les discours, mais qui se bâtit chaque jour, hectare par hectare, grâce à la mobilisation de ceux qui choisissent de placer leur argent là où il fait pousser la vie.

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