Le groupe EDF poursuit la structuration de sa filière industrielle nucléaire en France. À travers sa filiale Arabelle Solutions, l’énergéticien annonce un investissement d’environ 100 millions d’euros pour la construction d’une nouvelle usine dédiée aux équipements stratégiques des centrales nucléaires.
Une usine au cœur du programme EPR2
Implantée à Chalon-sur-Saône, cette future unité industrielle de 20 000 m² s’inscrit directement dans la dynamique du programme EPR2, pierre angulaire de la relance du nucléaire français. Elle produira des échangeurs de chaleur destinés aux six réacteurs EPR2 déjà annoncés, ainsi qu’à huit projets supplémentaires envisagés.
Ces équipements jouent un rôle déterminant dans la production d’électricité, en optimisant les échanges thermiques au sein de la turbine. L’usine fabriquera notamment des sécheurs surchauffeurs et des réchauffeurs haute et basse pression, composants clés de la salle des machines.
La mise en service industrielle est attendue à partir de 2030, avec une capacité de production permettant d’équiper une centrale nucléaire complète chaque année.
Une montée en puissance industrielle française
Ce projet s’inscrit dans une logique plus large de réindustrialisation et de souveraineté énergétique. Il vient compléter les investissements déjà engagés début 2026 sur le site de Belfort, autre pilier industriel d’Arabelle Solutions.
L’objectif est clair : reconstituer une chaîne de production intégrée sur le territoire national, capable de répondre aux besoins croissants du nucléaire français et de s’exporter à l’international. À terme, environ 160 emplois devraient être créés localement d’ici 2030.
Pour EDF, cette stratégie vise à sécuriser l’approvisionnement en composants critiques, tout en renforçant la compétitivité de son offre nucléaire dans un contexte de concurrence internationale accrue.
Souveraineté énergétique et compétitivité
Le PDG d’EDF, Bernard Fontana, souligne que cet investissement constitue une étape structurante pour la relance de la filière. Au-delà de la seule dimension industrielle, il s’agit de consolider un modèle énergétique fondé sur une électricité bas carbone, pilotable et compétitive.
La création de cette usine s’inscrit ainsi dans une stratégie plus globale, articulée autour de trois enjeux majeurs : la souveraineté énergétique, la transition climatique et la réindustrialisation du territoire.
Dans un contexte européen marqué par les tensions sur l’énergie et la nécessité d’accélérer la décarbonation, EDF confirme son ambition de repositionner la France comme un acteur central du nucléaire civil.


