À l’occasion d’un sommet franco-allemand consacré à la souveraineté numérique, le ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, David Amiel, se rend à Berlin les 17 et 18 novembre. Un déplacement qui s’inscrit dans la volonté affichée par Paris de renforcer l’autonomie stratégique européenne face aux géants étrangers du cloud et des technologies numériques.
Une coopération franco-allemande au cœur de la stratégie
La France et l’Allemagne coprésident cette année le sommet européen consacré à la souveraineté numérique. Pour Paris, l’enjeu dépasse de loin les seules infrastructures : il s’agit de bâtir une capacité durable à maîtriser les technologies critiques qui structurent l’action publique, les chaînes d’approvisionnement numériques et, plus largement, la compétitivité des économies européennes.
David Amiel entend faire de ce déplacement un moment clé pour stimuler une coopération bilatérale renforcée. L’objectif : aligner les stratégies nationales, bâtir des positions communes au niveau européen et lancer des partenariats public-privé capables d’atteindre l’échelle nécessaire pour rivaliser avec les acteurs américains et asiatiques.
Au cœur du message porté par le ministre, une conviction : la commande publique doit devenir un levier stratégique. En orientant les achats vers des solutions souveraines performantes, les États peuvent structurer un marché européen crédible, sécuriser les données sensibles et renforcer la résilience des administrations.
Start-up, cloud, communs numériques : un agenda tourné vers l’action
Durant ces deux jours à Berlin, le ministre rencontrera plusieurs homologues européens, dont Karsten Wildberger, ministre allemand de la Transition digitale, et Elisabeth Margue, ministre luxembourgeoise chargée des Médias et des Communications. Des échanges destinés à accélérer les convergences réglementaires et industrielles.
David Amiel échangera également avec des dirigeants et représentants d’entreprises du numérique, en particulier des start-up françaises et allemandes réunies par France Digitale et leurs homologues d’outre-Rhin. Une façon de rappeler que la souveraineté numérique se construit aussi par l’innovation entrepreneuriale, pas seulement par la régulation.
Parmi les temps forts du déplacement figurent :
- Lundi 17 novembre – 18h40 : discours lors de la réception officielle du Sommet sur la souveraineté numérique européenne organisée par Bitkom et Numeum.
- Lundi 17 novembre – 20h10 : prise de parole lors de la clôture de l’événement France Digitale avec l’association allemande des start-up.
- Mardi 18 novembre – 14h45 : participation à la table ronde “The Power of Digital Commons – Building Europe’s Shared Digital Future”, consacrée aux communs numériques et à leur rôle dans une architecture technologique européenne partagée.
Vers une stratégie européenne de long terme
La défense de « communs numériques » — logiciels ouverts, infrastructures mutualisées, standards partagés — constitue l’un des axes centraux de cette édition. Pour Paris, ces communs représentent une voie concrète pour réduire la dépendance aux solutions propriétaires étrangères, tout en construisant des écosystèmes européens plus collaboratifs et plus résilients.
Dans un contexte international marqué par une compétition croissante pour le contrôle des technologies stratégiques, ces discussions visent à consolider une vision européenne commune. Le déplacement de David Amiel à Berlin s’inscrit ainsi dans une trajectoire plus large : faire de l’Europe non plus un simple marché numérique, mais une puissance numérique souveraine, capable d’innover, de protéger ses données et de garantir la continuité de ses services publics.


