ArcelorMittal relance Fos-sur-Mer et parie sur un retour à pleine capacité industrielle

Crédits photo : Arcelor Mittal

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Le site d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer amorce une nouvelle phase stratégique. Après plusieurs mois marqués par des ajustements industriels et un contexte de marché tendu, le sidérurgiste prévoit un retour à un fonctionnement à deux hauts-fourneaux dès le second semestre 2026, dans un environnement européen qu’il juge désormais plus protecteur.

Un redémarrage conditionné au cadre européen

Le redémarrage du haut-fourneau numéro 1, prévu pour juin 2026, constitue un signal fort. Actuellement en travaux afin de prolonger sa durée de vie, cet équipement viendra compléter le haut-fourneau numéro 2, déjà en activité, permettant au site de retrouver sa pleine capacité de production.

Cette décision s’inscrit dans un contexte réglementaire en évolution. ArcelorMittal mise notamment sur l’entrée en vigueur rapide de deux dispositifs européens structurants : le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) et le renforcement des quotas d’importation (TRQ). Ces outils visent à protéger l’industrie européenne face à la concurrence de productions étrangères moins contraintes sur le plan environnemental.

Pour le groupe, ces mesures constituent un levier essentiel pour restaurer des conditions de concurrence équitables et sécuriser l’avenir de la production d’acier en Europe.

Un site clé pour l’emploi et l’économie locale

Le site de Fos-sur-Mer joue un rôle central dans le tissu industriel régional. Il emploie directement 2 500 salariés et génère une activité durable pour environ 1 200 personnes issues d’entreprises sous-traitantes.

Dans la perspective de cette montée en puissance, ArcelorMittal prévoit de renforcer ses équipes, avec des recrutements ciblés sur des profils opérationnels et techniques : opérateurs, techniciens de maintenance, électriciens, mécaniciens ou encore automaticiens.

Au-delà de l’emploi, l’enjeu est aussi celui de la compétitivité. Le groupe poursuit ses efforts d’amélioration de la productivité et de la performance industrielle afin de consolider la position du site dans un marché mondial de l’acier particulièrement concurrentiel.

Investissements et transition vers une sidérurgie décarbonée

Pour accompagner ce redémarrage, ArcelorMittal annonce un budget d’investissement porté à 90 millions d’euros pour l’année 2026. Cet effort financier vise à soutenir la modernisation des installations et à préparer l’avenir du site.

En parallèle, la stratégie de décarbonation se poursuit. Engagée depuis 2024 avec la mise en service d’un four poche, elle pourrait franchir une nouvelle étape avec l’installation d’un four à arc électrique. Ce type d’équipement, moins émetteur de CO₂, constitue un élément clé de la transformation du modèle sidérurgique.

Les études autour de ce projet sont toujours en cours, traduisant une volonté d’inscrire Fos-sur-Mer dans une trajectoire compatible avec les objectifs climatiques européens, sans renoncer à la souveraineté industrielle.

Entre souveraineté industrielle et transition écologique

Ce redémarrage s’inscrit à la croisée de deux enjeux majeurs pour la France et l’Europe : préserver une base industrielle stratégique tout en accélérant la transition écologique.

Dans un contexte de tensions géopolitiques et de recomposition des chaînes de valeur, la capacité à produire de l’acier sur le territoire européen apparaît plus que jamais comme un enjeu de souveraineté. À Fos-sur-Mer, ArcelorMittal tente ainsi de concilier impératifs économiques, sociaux et environnementaux, dans une équation industrielle particulièrement complexe.

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