La France poursuit sa montée en puissance militaire et stratégique avec l’exercice ORION 26, un dispositif d’entraînement d’ampleur visant à préparer les armées à des engagements complexes et de haute intensité. À travers ce programme, les autorités entendent renforcer la résilience nationale en mobilisant à la fois les forces armées, les institutions publiques et la société civile.
Un exercice structurant pour la défense nationale
ORION 26 s’inscrit dans une logique de préparation globale face aux nouvelles formes de conflictualité. Cet exercice vise à entraîner les armées françaises à intervenir dans des environnements multiples, variés et contestés.
L’objectif est double : d’une part, améliorer la capacité des forces à faire face à des scénarios de guerre de haute intensité, et d’autre part, tester l’organisation de l’État dans la gestion de crises majeures. L’exercice repose ainsi sur une approche interministérielle, intégrant les collectivités territoriales et différents acteurs civils.
Le volet principal, baptisé O3, simule notamment une montée en puissance des organisations étatiques dans un contexte de crise majeure en Europe, impliquant l’OTAN. Il permet de travailler sur deux axes stratégiques : la gestion des conséquences sur le territoire national d’opérations menées à l’étranger, et le rôle de la France comme nation hôte pour le transit de forces alliées.
Une mobilisation territoriale et opérationnelle élargie
L’exercice ORION 26 ne se limite pas aux seuls états-majors. Il se décline sur l’ensemble du territoire national, y compris en outre-mer, avec une implication forte des zones de défense et des forces locales, notamment en Guyane.
Cette territorialisation vise à tester la capacité de l’État à organiser une réponse durable et coordonnée face à des menaces hybrides, tout en garantissant la protection du territoire. L’enjeu est également logistique et organisationnel : il s’agit de valider les chaînes de commandement, les capacités de projection et les dispositifs de soutien.
En filigrane, ORION 26 s’inscrit dans une dynamique plus large de réarmement stratégique, dans un contexte international marqué par la montée des tensions géopolitiques et le retour des conflits interétatiques.
ORION Jeunesse : préparer les citoyens de demain
L’une des particularités de cette édition réside dans l’intégration d’un programme spécifique dédié à la jeunesse, baptisé « ORION Jeunesse ». Celui-ci se déroule en parallèle de l’exercice principal et vise à sensibiliser les jeunes aux enjeux de défense.
Plusieurs initiatives sont proposées à travers le territoire : ateliers sur la résilience, immersion dans les forces armées, hackathons sur les crises contemporaines, ou encore journées de découverte des métiers militaires.
Des événements sont notamment organisés à Chalon-sur-Saône, Cayenne, Salon-de-Provence, Talence, Nancy ou encore Lille. Ces dispositifs permettent aux participants — lycéens, étudiants ou volontaires — de se confronter à des situations concrètes, allant du secours au combat à la gestion des risques nucléaires, biologiques et chimiques.
L’objectif est clair : renforcer le lien entre la Nation et ses armées, tout en développant une culture stratégique auprès des nouvelles générations.
Un enjeu de souveraineté et de résilience
Au-delà de l’entraînement militaire, ORION 26 traduit une ambition plus large : préparer la France à faire face à des crises systémiques, qu’elles soient militaires, hybrides ou informationnelles.
En mobilisant l’ensemble des acteurs nationaux, cet exercice vise à consolider la souveraineté française dans un environnement international incertain. Il témoigne également d’une évolution doctrinale, où la défense ne se limite plus au champ militaire, mais englobe l’ensemble de la société.
Dans ce cadre, ORION 26 apparaît comme un jalon clé de la stratégie française de préparation aux conflits de demain, à la croisée des enjeux militaires, civils et citoyens.

