Une déclaration commune du Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs (ICG) met en garde contre la dégradation de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Les États membres du groupe appellent les parties au conflit à respecter les engagements de cessez-le-feu et à privilégier une solution politique.
Une inquiétude face aux violations du cessez-le-feu
La Belgique, le Danemark, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis ont exprimé leur « profonde préoccupation » face aux violations récentes du cessez-le-feu dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans leur déclaration publiée le 27 février 2026, ces pays rappellent que les hostilités contreviennent aux engagements pris dans deux processus diplomatiques récents : les accords signés à Washington le 4 décembre 2025 et les engagements pris à Doha le 19 juillet 2025 en faveur d’une cessation permanente des combats.
Selon le groupe de contact international, les attaques signalées incluent notamment l’utilisation de drones dans des opérations militaires, ce qui fait peser un risque direct sur les populations civiles. Face à cette situation, les États signataires appellent toutes les parties impliquées à réaffirmer « de toute urgence et sans équivoque » leur engagement en faveur du cessez-le-feu et à revenir à la table des négociations.
Le message diplomatique est clair : pour ces pays, « il ne peut y avoir de solution militaire au conflit ».
Un soutien au processus de médiation internationale
La déclaration souligne également l’importance des efforts de médiation engagés par plusieurs acteurs internationaux pour tenter de stabiliser la région des Grands Lacs.
Le groupe de contact international salue notamment l’action du médiateur désigné par l’Union africaine, Faure Gnassingbé, président du Conseil de la République du Togo, ainsi que le travail du panel de facilitateurs chargé d’accompagner les discussions entre les parties.
Les efforts diplomatiques des États-Unis et du Qatar sont également mentionnés, tout comme ceux de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et de la mission de l’ONU en RDC (MONUSCO). Ces acteurs travaillent à la mise en place d’un mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu destiné à prévenir de nouvelles violations.
Par ailleurs, les États signataires insistent sur la nécessité d’organiser un dialogue inter-congolais inclusif. Pour eux, seule une discussion impliquant l’ensemble des acteurs politiques et sociaux congolais pourra créer les conditions d’une paix durable dans le pays.
Les consultations menées par l’Angola dans ce cadre sont saluées, et les membres du groupe affirment être prêts à soutenir ces initiatives diplomatiques.
L’urgence humanitaire et la protection des civils
Au-delà des enjeux militaires et diplomatiques, la déclaration met également l’accent sur la situation humanitaire dans l’est de la RDC.
Le groupe de contact appelle toutes les parties à respecter le droit international humanitaire et à garantir un accès complet, sûr et sans entrave à l’aide humanitaire. L’objectif est de permettre l’acheminement de secours vers les populations touchées par le conflit.
Certaines évolutions positives sont toutefois mentionnées. Les signataires saluent notamment les engagements pris par plusieurs gouvernements de la région pour améliorer l’accès humanitaire. Parmi les mesures récentes figurent la réouverture de la frontière entre la RDC et le Burundi ainsi que l’utilisation de l’aéroport de Goma lors de la visite de la cheffe par intérim de la MONUSCO.
Ces initiatives pourraient favoriser la reprise durable des vols humanitaires vers la ville de Goma, un point logistique clé pour l’aide internationale dans l’est du pays.
Enfin, le groupe de contact appelle les acteurs impliqués à mettre fin à toute incitation à la haine, à la discrimination ou à la violence, notamment à l’encontre des minorités rwandophones, afin de préserver la cohésion sociale et protéger les populations civiles.
Dans un contexte régional toujours fragile, cette déclaration illustre la volonté des puissances occidentales de maintenir une pression diplomatique pour éviter une nouvelle escalade du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.


