Le Groupement des industries de construction et activités navales (GICAN) a salué la publication par la Commission européenne d’une stratégie industrielle maritime européenne, qu’il considère comme une étape importante pour renforcer la souveraineté et la compétitivité du secteur naval en Europe. Selon l’organisation professionnelle, cette initiative répond aux demandes formulées depuis plusieurs années par les industriels du secteur face à une concurrence internationale intense et à des distorsions de marché persistantes.
Pour la filière navale, cette stratégie ouvre un nouveau chapitre dans la politique industrielle européenne en reconnaissant pleinement le caractère stratégique de la construction navale, à la fois pour la sécurité maritime, la résilience industrielle et le développement de l’économie bleue.
Une stratégie qui reprend une grande partie des propositions de l’industrie
Le GICAN souligne que cette stratégie reprend une part importante des recommandations formulées par les industriels européens réunis au sein de SEA Europe. Lors d’une consultation organisée par la Commission européenne durant l’été 2025, ces derniers avaient proposé 22 mesures visant à renforcer la reconnaissance stratégique de la filière, faciliter l’accès aux financements et encourager l’innovation industrielle.
Selon l’organisation professionnelle française, 16 de ces 22 propositions ont été intégrées dans la stratégie présentée par la Commission. Pour le GICAN, cette prise en compte témoigne d’une écoute accrue des institutions européennes à l’égard des enjeux industriels du secteur maritime.
La construction navale européenne joue en effet un rôle clé dans l’économie du continent. Elle regroupe non seulement les grands chantiers navals, mais également un vaste réseau d’équipementiers, de systémiers et de PME spécialisées dans la conception, la construction et la maintenance de navires civils et militaires.
Préférence européenne et soutien à la transition technologique
Parmi les mesures mises en avant, le GICAN souligne la mise en place d’une préférence européenne dans les commandes publiques liées au secteur maritime. Cette orientation devrait s’accompagner d’un renforcement des outils de défense commerciale afin de protéger les industriels européens face à certaines pratiques jugées déloyales sur le marché mondial.
La stratégie prévoit également un soutien renforcé à l’innovation et à la transition énergétique du transport maritime. Des financements devraient être mobilisés pour soutenir le développement de technologies de décarbonation, notamment dans les domaines des carburants alternatifs, de la propulsion nucléaire ou encore de la propulsion vélique.
Autre mesure importante : l’incitation adressée aux États membres pour orienter une partie des recettes du système européen d’échange de quotas d’émission du transport maritime vers le financement de la transition du secteur.
Plusieurs milliards d’euros pour soutenir la filière maritime
La stratégie européenne prévoit également la mobilisation de financements significatifs pour soutenir l’industrie maritime. Entre 2 et 2,5 milliards d’euros devraient être mobilisés d’ici à 2027 via différents programmes européens, notamment InvestEU, Horizon Europe ou encore les dispositifs dédiés à l’économie bleue.
Au-delà du financement, le GICAN met en avant la volonté de simplifier et d’accélérer les procédures administratives nécessaires à la modernisation des sites industriels. L’intégration de l’industrie maritime dans l’Industrial Accelerator Act pourrait ainsi faciliter les autorisations nécessaires pour moderniser les infrastructures de production.
Un enjeu industriel majeur pour l’Europe
Pour le GICAN, cette stratégie constitue une étape structurante pour l’avenir du secteur maritime européen. L’organisation estime qu’elle permettra de mieux prendre en compte les enjeux de la filière dans les politiques industrielles européennes à venir, notamment dans le cadre du prochain budget européen prévu pour la période 2028-2034.
Le groupement professionnel affirme également vouloir se mobiliser pour accompagner la mise en œuvre concrète de cette stratégie et veiller à ce que les instruments financiers annoncés bénéficient effectivement aux industriels européens.
Avec plus de 320 entreprises représentées en France, la filière navale constitue un pilier industriel majeur, couvrant aussi bien les navires de commerce que les bâtiments militaires ou encore les technologies liées aux énergies marines renouvelables. Pour le GICAN, la stratégie industrielle maritime européenne doit désormais se traduire par un renforcement concret de la croissance, du leadership technologique et de la résilience stratégique de l’Europe sur les mers.

