Le ministère des Armées et des Anciens combattants a annoncé, le 20 février 2026, la création d’un laboratoire commun consacré à l’intelligence artificielle (IA) de défense et à la robotique. Portée par l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (AMIAD) et l’École nationale supérieure de techniques avancées (ENSTA), cette initiative marque une nouvelle étape dans la structuration d’un écosystème français souverain dans les technologies critiques.
Le 18 février 2026, les deux institutions ont signé une convention officialisant la naissance du LARIAD, laboratoire commun en robotique et intelligence artificielle de défense.
Un laboratoire pour accélérer l’IA embarquée et la robotique militaire
La création du LARIAD répond à un double objectif : renforcer la recherche amont et accélérer le développement de solutions opérationnelles dans des domaines clés comme la navigation autonome, la collaboration homme-machine et l’interaction entre systèmes robotisés hétérogènes.
Concrètement, le laboratoire vise à dynamiser les programmes de recherche conjoints de l’AMIAD et de l’ENSTA, en explorant des applications d’intelligence artificielle adaptées aux drones et aux plateformes robotisées, qu’elles soient terrestres, navales ou aériennes. Il s’appuiera notamment sur la mise en œuvre d’une plateforme expérimentale commune permettant de tester, valider et itérer rapidement des solutions innovantes.
Le LARIAD s’inscrit également dans une logique de mutualisation des moyens. Les équipes pourront partager des plateformes robotiques, des capacités de calcul avancées ainsi que des zones d’expérimentation situées sur les campus de l’ENSTA à Paris-Saclay et à Brest. Cette organisation vise à décloisonner la recherche académique et les besoins opérationnels, dans un contexte où l’IA devient un facteur déterminant de supériorité sur le champ de bataille.
Une coopération structurante pour la souveraineté technologique
La collaboration entre l’AMIAD et l’ENSTA ne débute pas avec ce laboratoire. Dès 2024, année de création de l’AMIAD, des travaux conjoints avaient été engagés à travers deux thèses co-encadrées dans le domaine de l’IA appliquée à la robotique. Le LARIAD vient ainsi formaliser et amplifier une dynamique déjà à l’œuvre.
Pour Bertrand Rondepierre, directeur de l’AMIAD, ce partenariat illustre la nécessité d’accélérer la recherche dans un domaine stratégique face à la montée en puissance des technologies sur le champ de bataille. De son côté, Estelle Iacona, directrice générale de l’ENSTA, souligne que la robotique et l’intelligence artificielle constituent désormais des piliers de la souveraineté scientifique, technologique et opérationnelle.
Au-delà des projets de recherche, le laboratoire ambitionne de produire des publications académiques, de contribuer à des projets open source et de créer un écosystème de collaboration durable, ouvert à de futurs partenaires. L’objectif affiché est de positionner le LARIAD comme un acteur de référence sur la scène nationale et européenne en matière de robotique intelligente et collaborative.
L’AMIAD et l’ENSTA, deux piliers de l’écosystème défense-innovation
Directement rattachée au ministre des Armées et des Anciens combattants, l’AMIAD a pour mission d’accélérer le développement, l’intégration et le déploiement à grande échelle des technologies d’intelligence artificielle au sein du ministère. Elle vise à renforcer la capacité des forces à exploiter l’IA de manière sécurisée, efficace et souveraine, afin d’améliorer la supériorité opérationnelle et l’efficacité quotidienne des agents.
Ses équipes sont réparties entre un pôle technique situé à Bruz, près de Rennes, et une activité de recherche implantée à Palaiseau sur le campus de l’École polytechnique.
De son côté, l’ENSTA, grande école d’ingénieur publique membre de l’Institut Polytechnique de Paris, rassemble plus de 2 200 étudiants, 200 enseignants-chercheurs, 300 doctorants et 11 laboratoires de recherche répartis entre Paris-Saclay et Brest. Forte d’un réseau de près de 20 000 alumni, elle constitue un maillon stratégique entre recherche académique, innovation technologique et applications industrielles.
Avec la création du LARIAD, la France consolide ainsi son architecture d’innovation dans le champ de l’intelligence artificielle de défense. À l’heure où les puissances militaires investissent massivement dans l’autonomie des systèmes et la décision assistée par l’IA, cette initiative traduit une volonté claire : structurer une filière nationale capable de maîtriser les technologies critiques et de soutenir la souveraineté stratégique sur le long terme.

