Viticulture : la FNSEA et Jeunes Agriculteurs alertent sur l’urgence budgétaire

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La FNSEA et Jeunes Agriculteurs, au nom des organisations professionnelles réunies au sein de l’Association générale de la production viticole (AGPV), ont pris position sur les mesures annoncées pour faire face à la crise qui frappe la viticulture française. Les deux syndicats saluent des avancées qu’ils jugent concrètes, tout en soulignant que leur mise en œuvre reste conditionnée à l’adoption du budget 2026.

Un plan d’arrachage pour rééquilibrer durablement le marché

Selon la FNSEA et Jeunes Agriculteurs, la priorité structurelle est claire : il faut rééquilibrer l’offre et la demande sur le marché du vin. Dans cette optique, la filière a obtenu l’annonce d’un nouveau plan d’arrachage, doté de 130 millions d’euros, qui doit être lancé officiellement lors du Conseil spécialisé vin et cidre de FranceAgriMer.

Ce dispositif vise l’indemnisation d’environ 32 500 hectares, sur la base de 4 000 euros par hectare, avec une priorité donnée aux arrachages totaux, considérés comme le levier le plus efficace pour réduire les excédents. Les critères relatifs aux arrachages partiels restent toutefois en discussion, la profession demandant des règles simples et opérationnelles afin de permettre une mise en œuvre rapide.

Une inquiétude forte liée au contexte politique

Dans leur position commune, la FNSEA et Jeunes Agriculteurs insistent sur un point central : le financement de ces mesures dépend directement de l’adoption du Projet de loi de finances pour 2026. Les organisations agricoles alertent sur les risques liés à l’instabilité politique actuelle, qu’il s’agisse de motions de censure ou de la perspective d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale. De tels scénarios empêcheraient l’adoption d’un budget et, par conséquent, la mobilisation des crédits nationaux nécessaires à l’arrachage.

Les deux syndicats appellent ainsi l’ensemble des parlementaires, tous bords confondus, à faire preuve de responsabilité. Selon eux, la viticulture ne peut être sacrifiée sur l’autel des affrontements politiques, au moment même où de nombreuses exploitations sont fragilisées.

Des mesures de court terme encore attendues

Au-delà des mesures structurelles, la position défendue par la FNSEA et Jeunes Agriculteurs inclut également des dispositifs conjoncturels jugés indispensables. La filière réclame notamment la mise en place d’une distillation de crise à hauteur de 80 millions d’euros, financée par des crédits européens via le fonds de réserve de crise. À ce stade, la réponse des instances européennes se fait toujours attendre, malgré un contexte économique particulièrement défavorable pour la viticulture.

Les syndicats soulignent enfin l’urgence de déployer concrètement les outils de soutien à la trésorerie, comme les prêts de trésorerie et les allègements de charges. Ces dispositifs sont considérés comme vitaux pour des exploitations aujourd’hui sous forte tension financière.

En résumé, la FNSEA et Jeunes Agriculteurs estiment que les échanges avec le gouvernement avancent dans le bon sens, mais rappellent que les arbitrages budgétaires et européens seront déterminants. Sans budget adopté, préviennent-ils, les annonces resteront sans effet, au risque d’aggraver une crise viticole qu’ils qualifient d’historique.

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