Aurea, groupe industriel coté spécialiste de la régénération des déchets, annonce jeudi 5 novembre un chiffre d’affaires de 49,7 millions d’euros au troisième trimestre 2026, en hausse de 16 % à périmètre constant. Explications.
Jeudi 5 novembre, Aurea, « l’un des premiers acteurs industriels européens dans la régénération des déchets », a publié un chiffre d’affaires de 49,7 millions d’euros pour le troisième trimestre 2026, contre 42,8 millions un an plus tôt à périmètre constant, soit une progression de 16 %. Sur neuf mois, le groupe affiche 157,5 millions d’euros, en hausse de 9 % sur la même base de comparaison.
Le communiqué précise que ces données sont retraitées de la sortie de plusieurs sociétés du périmètre : M Lego, RULO, TDA Valorisation et Flaurea Chemicals. Un an plus tôt, le chiffre d’affaires publié du troisième trimestre s’élevait à 48,7 millions d’euros, avant ce retraitement. Le rebond se lit donc surtout sur le périmètre conservé.
Hydrocarbures et métaux : des cours qui portent REGEAL et EPR
Le groupe attribue cette dynamique à un environnement plus favorable sur les matières premières, « marqué par une hausse significative des cours des hydrocarbures et des métaux dans un contexte de fortes tensions géopolitiques internationales », précise le communiqué. Une mécanique que Refrance avait déjà décrite lors de l’envolée des prix des métaux en 2022.
Le pôle Métaux et Alliages, le plus gros du groupe, réalise 31,7 millions d’euros au troisième trimestre, en hausse de 23 %, et 102,3 millions d’euros sur neuf mois (+14 %). Le marché de l’aluminium bénéficie « notamment des tensions sur l’offre », indique Aurea. Après des mesures d’ajustement prises en début d’année, sa filiale REGEAL poursuit la montée en puissance de son outil industriel. Les poudres de cuivre « continuent de faire preuve de résilience », malgré une visibilité limitée sur les carnets de commandes.
De son côté, le pôle Produits dérivés du Pétrole gagne 24 % au troisième trimestre, à 12,7 millions d’euros, et 7 % sur neuf mois, à 35,8 millions. La hausse du prix du pétrole en est le moteur, malgré un ralentissement des volumes collectés. La filiale EPR poursuit sa croissance grâce au traitement des déchets pétroliers et des eaux polluées. La distribution de combustibles reste en revanche pénalisée par le niveau élevé des cours et par une météo défavorable, tandis que l’activité PVC profite de la reprise progressive du bâtiment et des travaux publics.
Roll Gom à l’arrêt tout l’été, l’usine de Mercure en convalescence
Le pôle Caoutchouc et Développements s’effondre : 1,2 million d’euros au troisième trimestre, soit 48 % de moins, et 6,0 millions sur neuf mois (-25 %). En cause, l’activité de ROLL GOM, principal contributeur du pôle, dont le site a été volontairement mis à l’arrêt durant l’été pour mener sa restructuration. Aurea vise un retour à la rentabilité de l’activité dès 2027.
Quant à META REGENERATION, elle reste affectée par l’incident technique survenu au premier trimestre. Les équipes sont mobilisées pour poursuivre la montée en puissance de l’usine de Mercure et retrouver un niveau d’activité normalisé. Le communiqué ne chiffre pas l’impact de l’incident.
Chimie pharma : Sargon attend ses projets décalés
Le pôle Chimie Pharmaceutique recule de 7 % au troisième trimestre, à 4,0 millions d’euros, et de 2 % sur neuf mois, à 13,5 millions. RVA continue de bénéficier de marchés bien orientés et de synergies avec le groupe, notamment dans l’aluminium. SARGON, en revanche, a ralenti à partir du deuxième trimestre, plusieurs projets commerciaux étant décalés vers la fin de 2026 et le début de 2027.
Une régénération qui pèse dans l’industrie française
Dans sa présentation, le groupe revendique plusieurs positions : un des leaders de la fabrication d’alliages d’aluminium en France et au Royaume-Uni, top 3 mondial du traitement du cuivre par atomisation, top 3 français dans les alliages cuivreux, numéro 1 européen des roues à bandages à partir de pneus usagés, leader européen de la régénération des huiles noires moteur et numéro 1 du traitement des déchets mercuriels en France. Autant de filières où les déchets redeviennent des matières premières, à l’heure où l’approvisionnement en métaux et en hydrocarbures dépend de marchés tendus.
Reste que la visibilité demeure faible. Aurea aborde la fin de l’exercice avec prudence, maintient une gestion rigoureuse de ses ressources et poursuit ses plans de redressement ainsi que la rationalisation de son portefeuille d’activités. Le groupe se dit aussi attentif aux opportunités de croissance externe et aux cessions ciblées.
Prochain rendez-vous : le chiffre d’affaires du quatrième trimestre, le 11 février 2027 après Bourse.
