Le cimentier Vicat annonce, jeudi 5 novembre, un chiffre d’affaires de 1 087 millions d’euros au troisième trimestre 2026, en hausse de 9,6 % en publié, et relève son objectif annuel de croissance. En Europe, où pèse la France, les ventes reculent de 2,9 %. Explications.
Le groupe cimentier Vicat, dirigé par son président-directeur général Guy Sidos, a publié jeudi 5 novembre 2026 son chiffre d’affaires du troisième trimestre : 1 087 millions d’euros, contre 992 millions un an plus tôt, soit +9,6 % en publié et +10,2 % à périmètre et change constants. L’effet de change pèse 13 millions d’euros (-1,4 %), l’effet de périmètre ajoute 7 millions (+0,7 %), principalement avec Realmix au Brésil.
Sur neuf mois, le chiffre d’affaires atteint 3 124 millions d’euros (+8,6 % en publié, +10,6 % à périmètre et change constants), contre 2 878 millions en 2025.
Les États-Unis et les émergents tirent le groupe
La croissance vient de l’extérieur de l’Europe. Les Amériques affichent 283 millions d’euros au troisième trimestre (+15,4 % en publié, +8,7 % à périmètre et change constants), l’Asie-Méditerranée 301 millions (+27,6 % à périmètre et change constants) et l’Afrique 105 millions (+26,6 %). Aux États-Unis, le ciment progresse de 5,5 % à périmètre et change constants, porté par le non-résidentiel et les centres de données, mais la rentabilité est pénalisée par un écart défavorable entre prix et coûts et par des frais de maintenance élevés à l’usine de Ragland. En Turquie, l’usine de Bastas connaît elle aussi une maintenance coûteuse, que le groupe dit attendre en normalisation au quatrième trimestre.
Guy Sidos estime que le trimestre « confirme la solide dynamique de croissance du Groupe, portée par la reprise aux États-Unis, la bonne performance des pays émergents ». Il y voit aussi la preuve de « la résilience et la pertinence de notre modèle de croissance ».
En France, des volumes de ciment et de béton en baisse
L’Europe, avec la France, la Suisse et l’Italie, fait figure d’exception : 398 millions d’euros au troisième trimestre, contre 410 millions, soit -2,9 %. Sur neuf mois, la zone pèse 1 234 millions d’euros, près de 40 % du chiffre d’affaires du groupe, avec une variation de -0,4 % à périmètre et change constants.
En France, le chiffre d’affaires opérationnel du ciment recule de 4,8 % et celui du béton et des granulats de 6,5 %. Le communiqué invoque une vague de chaleur, un marché peu dynamique, des taux longs et le contexte politique. L’électricité coûte aussi plus cher, avec le nouveau contrat CAPN conclu avec EDF, et une surcharge énergétique s’ajoute aux hausses de prix de début d’année. Seules les activités de transport progressent (+9,4 %), avec la hausse des prix du carburant. En Italie, le chiffre d’affaires opérationnel gagne 24,7 %, grâce à des projets d’infrastructures dans le Sud ; en Suisse, le ciment progresse de 3,2 % mais le béton et les granulats reculent de 14,3 %.
Pour 2026, le groupe décrit un marché résidentiel français au plus bas et mise sur de grands projets d’infrastructures. Il juge par ailleurs que l’intégration progressive du coût de la décarbonation devrait soutenir les prix en Europe.
Cemex Sud-Est : 48 centrales à béton et 9 carrières
C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet d’acquisition des activités de béton prêt à l’emploi et de granulats de Cemex dans le Sud-Est de la France, annoncé le 1er octobre. Le périmètre comprend 48 centrales à béton et 9 carrières de granulats, dans la vallée du Rhône et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les négociations sont exclusives et la finalisation est attendue avant le 31 décembre 2026, sous réserve de l’autorisation de l’Autorité de la concurrence. Le prix n’est pas communiqué.
Pour Guy Sidos, l’opération « illustre notre stratégie de développement sélectif, créatrice de valeur ». Vicat y voit des synergies avec son ciment et un levier pour déployer ses solutions bas carbone, un enjeu que la France cherche à traiter avec la capture et le stockage du carbone pour décarboner son industrie.
Objectif de chiffre d’affaires relevé à +8 % à +10 %
Le groupe relève son objectif de croissance du chiffre d’affaires 2026 à +8 % à +10 % à périmètre et change constants, contre +7 % à +9 % auparavant. L’objectif d’EBITDA est confirmé, à +7 % à +9 %, tout comme les investissements industriels nets décaissés, d’environ 290 millions d’euros. Pour le second semestre, Vicat prévient que la croissance de l’EBITDA sera plus modérée qu’au premier, en raison d’un effet de base moins favorable, de la hausse des coûts de l’énergie et des coûts de maintenance.
Le groupe a par ailleurs lancé le 3 novembre un placement privé de type Schuldschein de 100 millions d’euros, extensible, en deux tranches de trois et cinq ans. Son levier financier est visé entre 1,3x et 1,5x sur 2026-2027, avec une marge d’EBITDA d’au moins 20 % sur 2025-2027.
Vicat tient une conférence téléphonique vendredi 6 novembre à 15 h, heure de Paris. Les résultats annuels 2026 sont attendus le 15 février 2027.
